C’est la Coupe du monde de : l’on ne sait jamais (et c’est tout son charme) de quel côté fusera ce satané cuir ovale. Conformément aux statistiques, je me suis donc planté comme d’habitude dans mes prévisions, et dans les grandes largeurs, s’il vous plaît.

Au lieu du match verrouillé – et de son corollaire, un score étriqué, que j’attendais -, ce fut un feu d’artifice dont peu se seront encore remis, au vu de son ampleur et quelle que soit l’équipe supportée : dix essais en tout ! Dont un pour la , certes, certes… Non point que je pronostiquais une victoire du Bleu sur le Black. Craignant seulement (pour le spectacle) que le trimestre de « bodybuildage » intensif tricolore précédant la Coupe du monde n’accouche d’une muraille défensive infranchissable. La leçon de la ligne Maginot ne fut décidément pas comprise : des milliards de tonnes de béton (ou de muscles et autres tablettes de chocolat, si vous préférez) en pure perte. Certes, l’affolante statistique adverse aurait dû mettre la puce aux oreilles tricolores : depuis leur finale victorieuse contre la France en 2011, cette équipe des Blacks aligne, en effet, près de cinquante rencontres pour trois défaites seulement en quatre ans. Qui dit mieux ?

La stratégie néo-zélandaise consista, sans doute, à en garder sous le coude lors des matchs de poule, en attendant d’hypothétiques coqs, quitte à afficher à l’occasion une maladresse quasi suspecte… Cependant qu’en face, on conjurait le sort et les incertitudes tricolores nées de la défaite contre l’ comme on pouvait. Ou plutôt comme d’habitude : en se gargarisant en boucle, et faute de mieux (dans les du moins), du succès tricolore 43-31 de 1999 sur ces mêmes Blacks. Fruit, paraît-il, d’un légendaire « french flair » universellement redouté. Occasion trop tentante pour ne pas imaginer ces Blacks malgré tout « prenables ». Mais au soir de la déroute, l’entraîneur Philippe Saint-André évoquait, encore sonné, ces « Brésiliens du rugby ».

Pour tout dire, je n’ai jamais cessé d’admirer le rugby néo-zélandais depuis trois décennies. Peut-être parce que son cas de figure dépasse précisément le cadre strict de ce sport. Ces « All Blacks » semblent incarner une sorte de synthèse culturelle, que leur « haka » illustre de manière si particulière. Antithèse du multiculturel vendu par nos médiocres sous l’appellation suave de « vivre ensemble » – traduire : cultures se toisant en chiens de faïence. Au contraire, complicité intime entre la science tactique collective de descendants d’exilés de l’empire colonial du Royaume-Uni et le génie individuel maori au geste et à l’inspiration surgis de nulle part. Cela se traduit par un jeu parfois improbable, pour ne pas dire extraterrestre, laissant alors l’adversaire les bras ballants et pantois. Le tout « cimenté » par un ancestral rite guerrier issu du… Pacifique. Sublimes All Blacks, lorsqu’ils récitent ainsi leur !

20 octobre 2015

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Vous pouvez désormais commenter directement sur Boulevard Voltaire :

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

À lire aussi

Dernières nouvelles d’Allemagne (et de Finlande) : « la terreur islamiste est une menace permanente »

Le 4 octobre dernier, un individu de nationalité syrienne a assassiné un touriste allemand…