surfe sur une choquante réalité : de 1998 à 2008, le mondialisme a augmenté de près de 65 % les revenus du 1 % le plus riche du monde, et de 80 % celui des classes moyennes asiatiques, cependant que les classes ouvrières et moyennes européo-américaines n’ont eu pour « augmentation de salaire » que moins de 10 % en 20 ans. (Source LinkedIn: Ian Bremmer, Eurasia Group & Branco Milanovic, économiste)

Pendant ce temps, les Clinton ont mondialement levé 3 milliards de dollars pour leurs « œuvres ». Ils ont enrichi leur patrimoine personnel de plus de 200 millions de dollars, extrayant des revenus provenant souvent de pays exotiques, souvent amis du terrorisme, et si peu de la cause humaniste.

Arrive Trump, syndic de faillite, qui renverse la porcelaine.

Sur le papier, la conversion des sondages actuels confirme que Clinton a déjà gagné, ou presque, les 270 délégués du collège électoral présidentiel, d’autant qu’elle a réservé dans les États pivots douze fois plus de budgets publicitaires que Trump. Ce dernier a, jusqu’à présent, fidélisé un petit 40 % de l’électorat général. Mais pas l’électorat bourgeois, qui a été convaincu qu’il ne serait pas convenable de voter pour cet homme.

Trump part donc à la braconne… d’abord au Mexique, puis à Détroit, défunte capitale de l’automobile. Objectif initié il y a deux semaines : faire basculer une partie des hispanophones conservateurs (soucieux de préserver leur sécurité comme leur emploi) comme des Afro-Américains trahis par les élites du pays autant que par leurs propres élites parasitaires. D’où sa visite en l’église de l’évêque Wayne T. Jackson, à Détroit, le 3 septembre, en pleine zone sinistrée.

Dans son discours, Trump présente indirectement le peuple noir comme cofondateur des États-Unis, et non comme une monnaie électorale : rééquilibrer, oui ; racoler, non… Il insiste sur les fructueuses retombées de son plan économique pour la communauté afro-américaine : éducation, infrastructures, commerce, fiscalité, rapatriement des profits de l’étranger, réforme de l’énergie. Il s’adosse ensuite aux valeurs chrétiennes, nécessaires à la renaissance de tout le pays, puis il lâche la bombe : “L’actuelle politique mondialiste viole les droits civiques des citoyens américains en négligeant la prioritaire protection de leurs emplois et de leurs salaires face à la concurrence internationale [dont] les pratiques prédatrices ont érodé la situation économique des centres urbains… De plus, l’immigration illégale viole les droits civiques des américains… et des Afro-Américains en particulier [cette immigration illégale] a nui de façon disproportionnée aux Afro-Américains… ainsi que le Pr George Borjas, de Harvard, l’a documenté.” Chiffres à l’appui…

Trump a également accordé une interview à l’évêque Jackson, qui sera mise en ondes dans les jours prochains. En soutien, Rudy Giuliani diffuse urbi et orbi sa propre expérience de maire de New York, ville qui fut “pourrie” (comme le sont maintenant Baltimore, Cleveland, Détroit, toutes sous municipalité démocrate) avant son redressement. Trump, lui, propose une sorte de pari pascalien aux Afro-Américains qui se résume ainsi : l’establishment n’a rien fait, vous n’avez donc rien à perdre à voter pour moi…

Ricanements des grands médias. Nerveux ? Car les bourgeois pourraient se raviser.

5 septembre 2016

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