Dans le Midi, la gauche – comme on dirait au rugby – a pris une belle déculottée, une sacrée branlée, et la droite n’était pas loin du grand chelem… L’Alsace, malheureusement, n’est pas (encore) une terre de rugby, comme Toulouse, Perpignan ou Béziers. Le PS sauve les meubles à Strasbourg où les électeurs ont reconduit, un peu malgré eux, en marquant contre leur camp, le demi de mêlée rocardien Roland Ries, un socialo bobo mâtiné de centrisme alsacien que la pouliche de retour vaguement droitière, Fabienne Keller, avait pourtant marqué à la culotte au premier tour…

C’était sans compter avec un autre centriste (décidément), passé au Rassemblement Bleu Marine, le talonneur de l’0pus Dei Jean-Luc Schaffhauser qui, en se maintenant, réalise à l’encontre de la candidate de l’UMP une magistrale cuillère… Une cuillère politique, comme on ne les voit qu’au rugby, est en effet un mauvais plaquage qui consiste à « ramasser à la petite cuillère » le pied d’un adversaire en pleine course, ce qui le fait trébucher soudainement au sol. Ce geste défensif réservé aux petits filous — les demis de mêlée italiens en sont les grands spécialistes — vaut pour le moins un carton jaune politique que l’arbitre du corps électoral strasbourgeois a sanctionné en n’améliorant guère le score du candidat Bleu Marine qui baisse de deux points. Alors à Strasbourg, comme à Paris ou ailleurs, merci qui ?

Comme au lendemain du premier tour avec Ferré (« Ils ont voté et puis après ? »), je me console comme je peux, de préférence en chansons : « J’emmerde, j’emmerde qui ? », chantait Diam’s, la « boulette » anti Marine, coqueluche de nos ados, ancienne rappeuse française d’origine chypriote, qui mettra fin à sa carrière en se convertissant à l’islam. Ceci expliquant cela, c’est sans doute ce qu’elle avait de mieux à faire…

Notre rappeur FN du centrisme alsacien devrait en faire autant : ex-CDS, ex-UMP, après avoir été candidat à…la présidentielle en 1995, il a fait le tour de la question, après avoir même ressuscité le MRP alsacien, en se présentant aux législatives à Strasbourg de 2007 où il obtint… 0,6 % des voix au premier tour ! Avec de tels candidats, sûr que le Rassemblement Bleu Marine – en tout cas à Strasbourg – vient de gagner en crédibilité. Le maire socialiste, Roland Ries, lui doit en tout cas sa réélection. Merci qui ?

2 avril 2014

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