Agglutinée contre le 26 de la rue de Vaugirard, une foule se presse aux portes des annexes du Sénat ce mardi 12 janvier 2016. L’objet du tumulte ? Un colloque, organisé par Esther Benbassa, sur le thème de l’intervention au . “Ce colloque doit répondre à différentes problématiques : l’action diplomatique française et américaine a-t-elle été bien conduite ? Ou a-t-elle alimenté le chaos ?” s’égosille de sa voix criarde l’échevelée sénatrice du Val-de-Marne.

Après cinq ans d’une guerre désastreuse, reste la condamnation du régime de Bachar el-Assad, l’ennemi à abattre pour les respectables (sic) instances du corps professoral. Ainsi Ziad Majed de déplorer l’absence de répressions américaine et française contre le régime syrien à Ghûta en août 2013 (suite aux « massacres chimiques » qu’auraient perpétrés le régime baasiste sur sa propre population, NDLR). “Il a été démontré que ce n’était pas de l’origine du régime”, s’indigne un membre du public. Sourire en coin, l’intervenant nie : aucun doute possible sur les origines de cette attaque. Le rapport de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, soulignant que la typologie d’arme employée alors ne pouvait correspondre avec celle du régime syrien, n’aura pas convaincu l’éminent co-fondateur du Mouvement de la gauche démocratique au Liban…

Thème du colloque : revenir sur les origines de l’alimentation des réseaux de l’État islamique par les acteurs internationaux. Turquie et États du Golfe ont ainsi fait l’objet d’un examen approfondi. On affirme doctement – de façon toutefois plus nuancée – que ces intervenants étrangers, également cibles d’attaques terroristes, ne peuvent être soupçonnés d’appuyer l’État islamique… Stop au “Golfe bashing, ce sport à la mode”, s’émeut Laurent Bonnefoy. Même traitement pour la Turquie : certes, des ont aisément passé ses frontières, certes la Turquie n’a pas mis fin au trafic de pétrole… Mais après tout, la contrebande est un contingent systématique en temps de guerre… Nouvelle rhétorique à laquelle s’adonnent désormais les « experts » : les attaques dont font l’objet Turquie comme États du Golfe empêchent nécessairement toute complicité de ceux-ci à l’égard de l’État islamique.

Avec un nombre trop élevé d’interventions, ce colloque laisse un arrière-goût amer, dont l’inégalité de la valeur des conférenciers est la première cause. Avec des exposés non dénués de bons sens (Denis Bauchard), voire particulièrement instructifs par leur impartialité (Hamit Bozarslan, Thierry Coville, Didier Leroy), il s’en dégage pourtant un sentiment de malaise… auquel l’intervention de Mémona Hintermann (ancien grand reporter de ) n’est pas étrangère. “Cette guerre contre le terrorisme, au même titre que cette française si fragmentée, doit de façon urgente se retrouver dans l’audiovisuel. Si les gens ont la possibilité de s’exprimer sur tout, [sous l’œil] de la et de son drapeau, les gens se respecteront”, souligne, presque la larme à l’œil, ce membre… du Conseil supérieur de l’audiovisuel. Effusion surjouée, sentimentalité exacerbée : un racolage sur le malheur proche-oriental… qui rapporte !

17 janvier 2016

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