Le FMI est à la fois le flic et le pompier – pyromane disent certains — de l’ mondiale. À ces titres, il est un observateur attentif de l’évolution des grands agrégats fondamentaux que sont la balance des paiements et la publique. Mais contrairement aux hommes politiques qui, généralement, pratiquent la langue de bois, le FMI ne se soucie guère de l’opinion des électeurs. Lorsqu’une économie malade a besoin d’un remède de cheval, c’est sans le moindre état d’âme qu’il s’en fait le prescripteur.

Or, justement, l’économie française est moribonde et le remède de cheval dont il est question tient davantage de l’amputation sans anesthésie que de la médecine douce.

En suggérant de taxer à hauteur de 10 % l’épargne nette des ménages européens, ce sont surtout les Français qui sont visés. En clair, lorsqu’il préconise de puiser directement sur leur compte en banque, le FMI ne fait que s’inspirer de ce que Chypre a fait il y a quelques mois pour éviter la faillite de son système bancaire.

On pourrait épiloguer à l’infini sur les motivations cachées de Madame Lagarde puisqu’en définitive, c’est bien d’elle qu’il s’agit. Souhaite-t-elle pousser la à prendre une décision politiquement suicidaire ? Ou plus simplement inviter François Hollande à « se secouer » davantage sur le front de la réduction des dépenses ? Peu importe, l’occasion m’est offerte ici de vous rappeler quelques vérités cachées sur l’état de notre économie et de vous inviter à faire preuve de prudence.

1. Au-delà d’un certain niveau déterminé par la nécessité de contracter de nouveaux emprunts pour rembourser les anciens, la dette fait boule de neige et augmente sans fin. Il devient alors impossible de l’arrêter par des mesures conventionnelles. Ce seuil d’insolvabilité, les pays de l’OCDE — et notamment la France — l’ont largement dépassé.

2. Toutes les projections officielles sur une réduction des déficits ne sont que de la poudre aux yeux, imaginée pour accompagner des mesures impopulaires dont le seul effet est de ralentir la marche vers l’inévitable faillite.

3. Même si l’argent dépensé par l’État emprunte un parcours sinueux au travers des différents agents de l’économie, il n’est jamais perdu. In fine, à toute dette publique correspond en contrepartie une épargne privée. En dernier recours, lorsque le mécontentement né de la hausse des et/ou de la réduction des menacera de déboucher sur une déroute électorale voire une jacquerie générale, le gouvernement n’aura pas d’autre choix que de puiser d’autorité sur cette épargne en prenant soin de cibler les classes moyennes et supérieures, et il le fera sans crier gare, brutalement, de préférence pendant un weekend ou le 15 août.

4. À la question de savoir s’il optera pour un prélèvement unique ou par petites touches, il faut bien garder à l’esprit que les , redoutant par-dessus tout une vague de retraits massifs de leurs déposants, préféreront et de loin la première solution.

Un homme averti en vaut deux, c’est chose faite. Vous savez maintenant ce qu’il vous reste à faire.

http://www.youtube.com/watch?v=Z24gfoemJ2k

12 octobre 2013

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