Voilà donc Spanghero une nouvelle fois la tête dans le congélo. Après le bœuf au cheval, le « hâché d’agneau ». On apprend qu’ont été saisies dans ses frigos 57 tonnes de VSM, de la « viande séparée mécaniquement » en provenance du Royaume-Uni. Une sorte de pâtée confectionnée avec des morceaux de carcasses et des déchets de viande. Des bouts. Des trucs indéfinissables. Là encore, ça n’est pas toxique, du moins on le suppose. Juste difficilement identifiable.

La pâtée était destinée à la saucisserie, fabrication de merguez et de charcuterie.

La merguez, on le comprend : c’est à la gastronomie ce qu’une promesse électorale est à l’honnêteté citoyenne. Un tuyau de plastique rempli d’un mélange improbable et qui dégouline de l’huile couleur minium dès qu’on le chauffe un peu. Mais la charcuterie ? Qu’est-ce qu’on peut bien faire avec de la VSM : du pâté de raclure en croûte ? Des nuggets de cartilage ?

Bon, maintenant, faut pas s’étonner : si les Anglais étaient connus pour leur cuisine, ça se saurait. Alors, qu’une fois mangés leurs gigots à la menthe et autres panses de brebis farcies, ils écoulent sur le continent les résidus de moutons de Nouvelle Zélande qu’ils importent par millions n’a rien de surprenant. Qu’ils détournent la loi édictée par Bruxelles interdisant l’exportation de ladite VSM, c’est aussi un sport à l’évidence très pratiqué. Les Anglais qui nous ont déjà transmis la vache folle pourraient bien revenir aux fondamentaux avec la tremblante du mouton.

Si l’on en croit les déclarations – tardives ! – du ministère de l’Agriculture, les lots de viande congelée trouvés chez Spanghero auraient été fabriqués avant la date d’interdiction de la VSM, le 28 avril 2012, mais vendus bien après. Donc, soit Spanghero s’est fait flouer et n’y est pour rien, soit tout le monde a magouillé, les uns achetant à vil prix ce que les autres n’auraient pas dû vendre. Et au milieu, on retrouve comme par hasard le Batave Jan Fansen, condamné aux Pays-Bas en 2012 pour des ventes frauduleuses de viande de cheval (déjà) en lieu et place de viande bovine halal. Il faudrait donc qu’on nous explique comment cette entreprise a pu maintenir ses activités de négoce avec les sociétés françaises Spanghero, Gel Alpes et compagnie…

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