Accueil Editoriaux Le soutien-gorge invisible du Dr Frankenstein
Editoriaux - Fiction - Justice - Santé - 12 juillet 2014

Le soutien-gorge invisible du Dr Frankenstein

Il y a eu un homme qui valait trois milliards… C’était dans les années 70 du siècle dernier : un feuilleton de science-fiction relatait les exploits du colonel Steve Austin dont le bras droit, les jambes et l’œil gauche, remplacés par des prothèses bioniques, faisaient de lui un surhomme… Fort bien, de la belle œuvre télévisée qui a enthousiasmé plus d’un téléspectateur ! C’était fait pour cela justement. Pour rêver parce que ce n’était « pas du vrai ».

Qu’à cela ne tienne, de la fiction à la réalité, on sait bien qu’il n’y a qu’un pas… et parfois même un faux-pas tel celui franchi par l’entreprise Orbix Medical… Cette start-up israélienne vient de lancer en Europe un soutien-gorge… à insérer sous la peau !

Soit, comme nous l’explique Le Figaro Madame : « Une feuille de silicone placée sur le tissu mammaire. Agissant comme une élingue, elle est reliée à des « bretelles » en soie, et – âmes sensibles s’abstenir – celles-ci sont fixées sur les côtes supérieures. »

Une heure « d’installation » et une garantie de dix ans !

Rien à voir avec les délicates opérations de réduction ou d’augmentation mammaire au choix des goûts, des complexes ou des fantasmes de Madame ou de Monsieur, voire d’adolescentes voulant davantage de monde au balcon que Dame Nature ne les a pourvu.

« Le problème avec ces opérations, dixit Yossi Mazel, PDG d’Orbix Medical, c’est qu’après quelques semaines, les seins retombent. Que l’on augmente ou diminue les seins, la peau est la même. Avec l’implant Orbix, c’est comme un soutien-gorge qu’on ajoute, la pression du sein va sur l’implant, pas sur le sein. »

Médicalement, c’est indéniablement un procédé moins dangereux que l’implantation de prothèses mammaires, mais, selon le Dr Plouvier, « l’élégance de la solution proposée aux “seins tombants” ne doit pas faire oublier le risque de réaction granulomateuse à corps étrangers (qui entraîne une inflammation, soit une irritation et, à terme, une intolérable gêne)… sans compter que le silicone a été rendu responsable de quelques cas de sclérodermie, maladie potentiellement grave. »

Et ça marche ? A priori… Depuis cinq ans, des essais réalisés en Belgique, en Allemagne, au Danemark, en Grande-Bretagne… et le mois dernier en France ! semblent le confirmer.

Certes ! l’adolescent un peu mal dégourdi cherchant désespérément comment parvenir à dégrafer des bretelles récalcitrantes afin de parvenir au plus vite à ses fins verra ainsi son problème résolu…

Mais après le soutif invisible, qu’inventera-t-on ensuite pour « embellir » nos compagnes ? Des prothèses fessières leur garantissant le popotin toujours rond et ferme ? Des fasciales pour empêcher l’apparition de pattes d’oies sous l’outrage des ans ? Et intestinales pour leur assurer un ventre toujours parfaitement plat ?

Les messieurs disposent bien désormais du viagra pour continuer à hisser haut les couleurs et se croire toujours fougueux étalon, n’est-ce pas justice que les femmes puissent elle-même empêcher les aléas du temps ou corriger leurs imperfections naturelles ?

Mais, tout de même ! à l’idée qu’elles puissent ainsi finir par ne plus être différenciées des poupées gonflables à l’impeccable plastique que par leur caractère parfois quelque peu ombrageux (Ah si ! ça leur arrive…), beaucoup de mâles préféreront sûrement en rester au traditionnel « prothèse externe » , soit le bon vieux « soutif »… Et puis, quand on en a enfin compris comment ça s’ouvre, tout va bien, non ?

À lire aussi

Ebola : peut-on vraiment parler de pandémie ?

La Commission européenne a mobilisé 2 millions d’euros supplémentaires en juillet dernier.…