Oublions un instant, le temps d’une chronique totalement subjective, la des marchands de tapis, celle des maquignons de Bruxelles, de Berlin ou de Washington, faisons litière de tous ces de la Grèce de tous les dangers, des jusqu’au-boutistes de la Troïka aux apprentis sorciers de SYRIZA, et leur illusoire référendum qui ne fera qu’ajouter à la confusion générale. Mais que l’on ne s’y trompe pas : quel que soit le résultat, il ne voudra pas dire que les Grecs veulent sortir de l’. Comment pourrait-il en être ainsi ?

Chronique subjective, disais-je, en commençant ces quelques lignes, parenthèse littéraire, en fait, pour revenir à la Grèce que nous aimons. Celle qui s’est réfugiée, pour nombre d’entre nous, dans les pages chaleureuses de Déon, de Jacques Lacarrière et son Dictionnaire amoureux de la Grèce ou de Lawrence Durrell, qui nous réconcilient avec ce pays qui, quoi qu’il arrive, tel le phénix, renaîtra toujours de ses cendres. Même dévoyé par le régime des colonels qui en avaient fait leur emblème, le phénix demeure le symbole de la renaissance nationale pour des peuples en lutte. Un symbole on ne peut plus d’actualité…

Quoi qu’il arrive, la Grèce survivra car nous lui devons tout, nous en sommes les débiteurs. Car la fondation de l’Europe ne commence pas chez les épiciers grippe-sou de Bruxelles, ni dans les traités tarabiscotés de Rome ou de Maastricht, mais sous les cariatides pillées du temple d’Athéna où Ernest Renan avait eu ces mots prophétiques :

ne sera sauvé qu’en revenant à toi, Athéna, en répudiant ses attaches barbares. Courons, venons en troupe. Quel beau jour que celui où toutes les villes qui ont pris des débris de ton temple, Venise, , Londres, Copenhague, répareront leurs larcins, formeront des théories sacrées pour rapporter les débris qu’elles possèdent, en disant : “Pardonne-nous, déesse ! C’était pour les sauver des mauvais génies de la nuit”, et rebâtiront tes murs au son de la flûte, pour expier le crime de l’infâme Lysandre !

Comme Ernest Renan en 1865, Européen prémonitoire, dans sa merveilleuse Prière sur l’Acropole, aujourd’hui, plus que jamais, nous sommes tous des enfants d’Athéna, solidaires des Grecs dans leurs heurs ou malheurs… Toute une Grèce à rebâtir !

4 juillet 2015

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