Le feuilleton nourrit quelques réflexions… Comment un gouvernement socialiste, si prompt dans les temps passés à prôner la mise sous tutelle de l’État des moyens de production financiers et industriels, est-il aujourd’hui prêt à vendre l’une des entreprises stratégique pour notre pays et l’un des fleurons de notre industrie ?

Qu’est-ce qui empêche notre gouvernement d’apporter au capital de l’entreprise les fonds qui lui manquent aujourd’hui ? Les caisses sont vides et nous ne pouvons pas augmenter notre déficit ! Mais, que je sache, sa prise de participation ne s’analyse pas en termes de dette mais en termes d’avoir et n’obère en aucune manière les comptes de la nation car, même si nous devons emprunter pour cet apport, nous comptabiliserons en contrepartie des actions et ce sera donc un jeu à somme nulle !

Mais il existe une autre solution ! En effet, les Français sont le peuple qui épargne le plus dans toutes les circonstances économiques. Pourquoi ne pas faire appel au patriotisme de nos citoyens et lancer un grand emprunt pour venir au secours de cette entreprise qui est une partie de notre “territoire national”, en décrétant la patrie en danger !

Rappelons-nous, au XVIe siècle, pas une femme de notre doulce France qui ne fila sa quenouille pour payer la rançon du roy de France prisonnier !

En 1871, il ne nous fallut que quelques semaines pour réunir cinq fois ce que les Allemands nous avaient demandé comme tribut après notre défaite de 1870 ! À l’époque, les Français avaient donné 15 milliards de franc-or alors que les vainqueurs ne nous avaient imposé que 3 milliards ! Ils avaient compris, mais un peu tard, qu’ils avaient sous-évalué nos capacités.

Rappelons-nous qu’entre 1914 et 1918, pour soutenir l’effort de guerre, le peuple de France a toujours répondu aux emprunts de défense nationale !

Et pourquoi, aujourd’hui, ne pas faire appel au patriotisme des Français pour sauver Alstom des mains étrangères et conserver notre autonomie et nos emplois en France, en lançant cet appel à sauver ce domaine de notre industrie, indispensable à notre souveraineté ? Ce serait, pour notre gouvernement, un sujet de rassemblement, un sujet de bien commun, un sujet dans lequel tout un chacun pourrait retrouver l’élan du vivre ensemble !

À un moment difficile, où les motifs de querelle sont si habilement utilisés pour nous diviser, pour nous faire battre les uns contre les autres, voilà une affaire qui pourrait relancer l’élan patriotique et trouver un large consensus. La finance étrangère, enfin un combat à mener tous ensemble !

De plus, tous les petits épargnants ayant participé à cet élan de solidarité nationale seront fiers d’avoir apporté leur pierre à l’édifice et quand, dans un avenir proche, Alstom verra son retour à meilleure fortune, chacun pourra profiter d’un retour sur investissement qui sera la récompense de leur patriotisme et de leur confiance envers leur pays.

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