Editoriaux - Histoire - Médias - 9 août 2015

Soldes chez Daech : prix attractifs sur les esclaves sexuelles

Je sais, il faut se méfier. Depuis l’histoire des couveuses à Bagdad et la petite fiole de poudre de perlimpinpin brandie par Colin Powell devant le Conseil de sécurité de l’ONU, il est établi que d’aucuns sont capables de nous faire gober tout et n’importe quoi.

Bref, ce qui suit est peut-être à prendre avec précaution. Néanmoins, l’ONU nous assure, juré craché par terre, que c’est la vérité vraie : les enquêteurs auraient mené durant deux ans un intense “travail d’authentification” pour le vérifier.

Depuis 2014, donc, on sait que l’État islamique – qu’on n’appelait pas encore Daech – met à disposition de ses clients une liste détaillée fixant le prix des esclaves sexuelles. Des « femelles » dont l’âge va du berceau à la tombe (au mieux 50 ans si elles y arrivent) et qui sont vendues sur les marchés dans la plus pure tradition esclavagiste : examen des dents et palpation du reste, étant entendu qu’on a droit de tâter la marchandise, sinon de la tester.

Ça paraît énorme, mais il est vrai qu’avec toutes leurs prises de guerre et toutes les petites jeunes filles de nos banlieues qui croient pouvoir dégoter leur Roméo en Syrie, on devine que les barbus ont du stock à écouler. D’ailleurs, l’essentiel du cheptel est pris chez les yézidies et les chrétiennes d’Orient.

Les prix sont attractifs :
De 1 à 9 ans, 200.000 dinars soit 150 euros
De 10 à 20 ans, 150.000 dinars soit 115 euros
De 20 à 30 ans, 100.000 dinars soit 75 euros
De 30 à 40 ans, 75.000 dinars soit 60 euros
De 40 à 50 ans, 50.000 dinars soit 40 euros

À elle seule, cette liste nous dit beaucoup de choses. Par exemple qu’après 9 ans, ces « religieux » considèrent déjà que la marchandise est gâtée. La femelle n’est plus assez docile peut-être, c’est pourquoi ils préfèrent prendre les fillettes au berceau.

Mais attention : n’allez pas croire qu’on peut faire n’importe quoi. Il y a des règles; tout de même ! Par exemple : “Il est interdit d’acheter plus de trois femmes, sauf pour les étrangers comme les Turcs, les Syriens ou les Arabes du Golfe.” Ben quoi, “faut prendre l’argent là où elle est”, comme disait Krasucki, et cette mention particulière laisse supposer que nos chers amis des monarchies pétrolières n’hésitent pas à se fournir sur le marché local. Et comme le confie aux enquêteurs une malheureuse qui a réussi à échapper à ses tortionnaires : “Les petites filles sont colportées comme des barils de pétrole. Une seule peut être vendue et achetée par cinq ou six hommes différents.”

On remarquera là-dessus l’étrange silence de nos pétroleuses et celui des médias qui préfèrent titrer sur les bouchons des départs en vacances et les tests comparatifs de la crème à bronzer. Bien sûr, on me dira qu’on sait déjà tout cela, que c’est loin, qu’on est las de dénoncer les horreurs… Nos pères et mères la vertu préfèrent tomber ici sur les clients des prostituées. C’est moins risqué.

Au fait, qu’en dit madame Taubira ? N’a-t-elle rien à tweeter sur la barbarie esclavagiste quand elle est arabe ?

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