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Editoriaux - Histoire - 12 juillet 2014

Soldats algériens au 14 juillet : rétablissons la vérité

Beaucoup a été dit sur la présence de soldats algériens et vietnamiens au défilé du 14 juillet. Certains s’en réjouissent, d’autres trouvent cette présence anecdotique, d’aucuns estiment enfin qu’il s’agit d’un acte de provocation intolérable de la part du gouvernement. J’appartiens à la dernière catégorie.

Les soldats algériens ont été invités à défiler pour commémorer le centenaire de la Grande Guerre. La guerre de 1914-1918, guerre civile européenne et drame humain dont nous peinons toujours à nous remettre, a vu 175.000 Spahis, Chasseurs d’Afrique et Zouaves d’Algérie engagés au combat pour la France. Parmi ces soldats, 26.000 (ou 28.000 selon les sources) Algériens sont morts, et au total environ 81.000 soldats des colonies ont péri durant le conflit. Il est de notre devoir de continuer à honorer leur mémoire.

Plusieurs observations peuvent être faites. Nonobstant la considération que la France doit porter à ces soldats ultra-marins, le nombre d’engagés et de morts dans la guerre n’est en rien comparable aux pertes enregistrées par les soldats métropolitains. Environ 1.350.000 soldats français de métropole sont morts, pour un taux de mortalité de 27 % des 18-27 ans, ce qui en fait le deuxième taux des belligérants après la Serbie. Tordons donc immédiatement le cou à une légende tenace (qui vaut aussi pour la deuxième guerre mondiale, ou la reconstruction de la France après guerre) ; l’intervention d’éléments extra-hexagonaux bien qu’importante et louable, ne fut en rien déterminante, prépondérante ou décisive.

Deuxième remarque, les soldats d’origine algérienne ayant participé aux combats de la Grande Guerre ne l’ont pas fait pour le compte de l’armée algérienne, laquelle alors n’existait pas, mais pour la France. Leurs uniformes étaient français, leurs unités étaient entièrement sous commandement français. La présence de soldats algériens au défilé du 14 juillet 2014 ne se justifie pas historiquement.

Dernier point, tout est bon aujourd’hui pour justifier la présence d’éléments extra-européens dans la France contemporaine. L’outil historique est particulièrement prisé par les socialistes au pouvoir. Selon un tweet de Bernard Cazeneuve, ministre de l’intérieur, l’islam appartiendrait au « roman national » (Français, vous ne rêvez pas). L’exagération des faits d’armes des régiments coloniaux procède de la même intention : mythifier l’histoire de France, en faire une romance au service de la propagande « multi-kulti ».

Mon grand-père, élève officier à l’école d’infanterie militaire au Cherchell, est mort en juillet 1959. Serait-il mort en vain ? Une chose est sûre, les appelés du contingent en Algérie n’ont jamais eu droit à un vrai hommage, le sujet semble tabou… Me reviennent les paroles du chant des poilus de Verdun : « Halte là ! On ne passe pas ! ».

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