Editoriaux - Histoire - Politique - Religion - Société - 18 décembre 2015

Pourquoi les socialistes nous ont roulés dans la farine

Les socialistes sont des artistes modernes, qui n’ont plus besoin de public.

Car les socialistes n’ont même plus besoin d’électeurs pour rester au pouvoir. C’est le secret de la politique – pensez à 2002 et au vieux Chirac qui fut réélu avec 19 % des voix.

J’ai déjà dit que Hollande serait réélu, et je pense même qu’il le sera dans un fauteuil. Les maladresses du FN (qui reposent sur sa faiblesse intrinsèque, à savoir que le Français moyen ne veut pas de lui) et la nullité de la droite ont ouvert – avec une actualité bien manipulée – un boulevard au parti de Hollande.

Alors qu’ils devaient faire zéro région et qu’ils se targuaient du bilan le plus nul de l’histoire du monde, les socialistes ont gagné cinq régions et en ont perdu de justesse deux, dont la région parisienne, suite à la bourde du président de l’Assemblée nationale.

Mais ce n’est pas tout.

Les socialistes ont fait élire Estrosi et Bertrand, et les deux loustics leur sont donc redevables jusqu’à la mort et à l’éternité.

Les socialistes ont divisé la droite, au point de faire virer NKM par Sarkozy alors que ce dernier avait aussi viré Morano (c’est le meilleur moyen de passer pour un centriste intolérant, pas pour un droitier tolérant, mon cher Nico !). Ils continuent aussi de spéculer sur la peur du petit brun (le bon vieux fascisme), et ce truisme marche impeccable. Sarkozy, avec deux ennemis comme Fillon sur son centre ou Juppé (ce deuxième du candidat du PS) sur sa gauche, est déjà cuit.

Le FN lui-même a commis des erreurs. Je ne lui jette pas la pierre, il est définitivement minoritaire dans ce pays de vieux bourgeois mollassons, et ce n’est pas en revendiquant naïvement la notion vieillotte de patriote ou la méchante et conspiratrice mondialisation qu’il éclairera le plouc imbibé de télé.
Tous les gens que j’ai croisés en France passent leur temps rivés sur les chaînes info qui broient du brun vingt-quatre heures sur vingt-quatre et prononcent 600 fois par heure le nom du Président. Le machiavel d’hôtel-boutique a surfé sur les deux religions mondiales du moment : le terrorisme et le changement climatique.

On va me trouver pessimiste, une fois encore, parce qu’on refuse de comprendre les leçons de l’Histoire : de Gaulle qui préfère lâcher le troupeau de veaux en 1946 et en 1969 ; Tocqueville qui explique dans son ineffable De la démocratie en Amérique que non seulement les hommes des démocraties ne désirent pas naturellement les révolutions, mais ils les craignent. Il n’y a pas de révolution qui ne menace plus ou moins la propriété acquise.

Ainsi, dans les sociétés démocratiques, la majorité des citoyens ne voit pas clairement ce qu’elle pourrait gagner à une révolution, et elle sent à chaque instant, et de mille manières, ce qu’elle pourrait y perdre.

Le FN fait peur au petit-bourgeois postmoderne ; ce dernier a donc créé le monstre creux UMPS.

Marine prendra 70 % dans la poire au deuxième tour en 2017. Et François Hollande sera le père de la nation.

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