Chaque fois que j’entends le mot social, je prends mon Sten 2.

Les plus grands crimes ont été commis au nom du social. Le social s’accommode à toutes les sauces : soviétique, nationale-socialiste ou, aujourd’hui, libérale. Le “social-réformisme” de Valls n’est que l’habillage progressiste de la soumission aux marchés, la réduction de l’individu à sa fonction de producteur-consommateur, au règne des firmes toutes-puissantes et des barons-voleurs de la finance : un libéralisme sans frontières, sans nations, sans identités.

La France prétend s’adapter à la mondialisation libérale au moment où l’on a le plus besoin de régulation et de défendre l’État-nation. L’invasion migratoire et notre submersion ethnique et culturelle – et ceux qui s’en félicitent, les Attali, BHL, Guenolé ou Moix – sont l’application, aux populations, des principes d’un libéralisme devenu fou.

Au moment où Valls sort son nouveau gadget, Jacques Julliard dit, dans Le Figaro, tout le mal qu’il pense de la chasse à l’homme – le terme de lynchage médiatique serait plus approprié – dont Finkielkraut, Onfray, Houellebecq ou Zemmour – tous souverainistes plus ou moins déclarés – ont fait l’objet.

Julliard est une figure tutélaire de la deuxième gauche, celle de Valls et Hollande, que je préfère appeler la gogauche du social, ou gauche de patronage, jadis opposée à la gauche du travail défendue par le Parti communiste, quand il se disait français.

Cette gauche sociale-libérale et la pensée libérale-libertaire de Mai 68 qui lui sert d’assise ne vont pas bien. Aussi tentent-elles de se renouveler à coup de slogans publicitaires – on se dit réformiste et on ressort l’anathème de “réactionnaire” – et elles se déchirent. En particulier sur la liberté d’expression, limitée et contrôlée par le système politico-médiatique, et dont l’intellectuel français héritier de Voltaire veut pouvoir user sans avoir à subir de chasse aux sorcières.

Julliard, comme d’autres, ne peut plus se taire. Mais il est bien tard, docteur Julliard. La loi sur le renseignement, plus attentoire aux libertés que le Patriot Act, a été le parachèvement d’un processus limitant la liberté d’expression par des lois mémorielles satisfaisant tel ou tel groupe de pression et des lois réprimant l’incitation à la haine qui ne font qu’exacerber la colère des bâillonnés.

Le contrôle panoptique de la population, comme le rêve carcéral du même nom, est en marche et c’est là que le terme de “social” prend sa véritable dimension, qui est double :

La protection sociale, ou Sécurité du même nom, ayant pour fonction de compenser les dégâts des marchés. C’est la voiture-balai du libéralisme, récupérant les éclopés et laissés-pour-compte, leur assurant un minimum vital pour éviter que le système explose. C’est l’État social attentionné et doux de Tocqueville, une Big Mother puritaine et abusive.

Le contrôle social consistant à offrir aux uns, grâce aux industries d’abrutissement, les divertissements propres à les asservir, et de l’autre, à traquer les esprits malades et chasser les individus déviants, un régime des suspects fondé sur la terreur idéologique et la menace judiciaire, faute de déclarer sa foi dans les dogmes multiculturaliste, antifrontiériste et antiraciste du régime.

Les Romains avaient tout compris. Ils appelaient ça du pain et des jeux. Nous y avons ajouté l’oppression médiatique, dont la sorcière Morano fait les frais en ce moment, comme le souligne Denis Tillinac dans l’excellent entretien accordé à Boulevard Voltaire.

Notes:

  1. Le fusil des résistants
  2. Le fusil des résistants

1 octobre 2015

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