“Made for sharing” est le slogan de la candidature de aux Jeux olympiques de 2024, projeté avec fière résolution sur la tour Eiffel, vendredi soir.

Pierre de Coubertin, créateur du Comité international olympique – CIO – en 1884, doit se retourner dans sa tombe. Le français, langue officielle de l’olympisme moderne qu’il a construit, est bafoué !

Les initiateurs de la candidature ont choisi un slogan en anglais afin de « donner un caractère universel au projet français », a déclaré l’un d’eux ! Pourquoi pas l’espagnol ou l’arabe ?

Les amoureux de notre langue paterno-maternelle trouveront satisfaction à leur chauvinisme rétro, avec une version hexagonale. Mais en l’occurrence, version ne signifie pas traduction, car « Venez partager », en VF, apparaît comme une sorte de complément plus ou moins digeste à « Fait pour le partage » ou « Faits pour être partagés » de l’annonce claironnante en VO, l’anglais étant moins sourcilleux sur les accords et autres participes passés que nul ne nous envie, et encore moins les nouveaux pédagogues de la rue de Grenelle…

Cette offense internationale faite à notre langue est l’ultime avatar de sa pollution par des anglicismes promus par tous les secteurs d’activité pour être dans le coup – “in”, in English -, au nom d’un “efficient marketing” », autrement dit pour attirer le chaland !

L’invasion de termes anglais qui doivent leur fortune à l’ atteint le sport, la communication, la publicité, le commerce, les papier et en ligne, la télévision, le et bientôt, pourquoi pas, les écoles maternelles…

Pour faire mode les concepteurs ne reculent devant aucune perversion.

Un exemple récent parmi des milliers qu’une liste exhaustive est incapable de cerner : i>Télé, chaîne en difficulté, se recycle avec la marque ronflante de CNews. A-t-elle l’ambition de faire concurrence à CNN ? Je ne pense pas qu’elle vise l’audience internationale, car elle recrute un jeune journaliste vedette bien de chez nous en la personne de Jean-Pierre Elkabbach. Mais Morandini, autre recrue, commettra peut-être des “talk-shows” en anglais et en “prime time” ?

Que fait l’Académie française, conservatrice de notre linguistique et tabernacle du dictionnaire ?

La loi Toubon d’août 1994, visant notamment à « assurer la primauté de l’usage de termes francophones traditionnels face aux anglicismes », rendait obligatoire l’utilisation du français dans la publicité. Elle conférait à l’institution un rôle éminent, en particulier de proposer, dans des domaines variés, des termes français pour désigner les notions et les réalités nouvelles. Loi oubliée ou immortels endormis ?…

À quoi et à qui sert la francophonie ?

L’Organisation internationale de la francophonie – OIF – est vouée à promouvoir la langue française, au profit d’environ 280 millions de locuteurs dans le monde. Va-t-elle cautionner le barbarisme proposé aux Français et au monde ? Des résistants existent, que sont nos cousins du Québec, férus de leur langue ancestrale et très imaginatifs pour la créativité sémantique. Et quand ils vont magasiner dans les boutiques à mots et expressions, ils en ressortent du pittoresque qui, hélas, provoque une moue dédaigneuse de nos élites intellectuelles.

Le petit village gaulois du parler franc n’est plus au top !

4 février 2017

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