Certains Français sont ainsi faits qu’ils aiment à se faire peur. À donner dans la antifasciste sans fascistes, à s’insurger contre les violences policières – CRSS = SS, tout sait ça –, alors que ces dernières sont tout de même des plus relatives.

Bien sûr, la du jeune Rémi Fraisse, lors des manifestations du barrage de Sivens, est un drame pour sa famille et ses proches et un mort de plus sera toujours un mort de trop. Au fait, ce mort de plus dans de telles manifestations, ça n’est jamais que le quatrième en… quarante ans ! Vital Michalon, à Creys-Malville en 1977, Malik Oussekine, à Paris en 1986, et Sébastien Deyzieu, toujours à Paris en 1994. Ce dernier défunt, militant de l’Œuvre française, mouvement nationaliste dissous depuis par Manuel Valls, n’aura évidemment pas eu droit au même battage médiatique, tel qu’il se doit. Nonobstant, le génocide d’État n’est donc pas encore tout à fait pour demain.

En effet, il existe des pays dans lesquels les manifestations estudiantines n’ont rien de carnavalesque ; et là, ce n’est ni de la Syrie, ni de la Libye et encore moins de l’Iran dont il est question, mais… du Mexique, pays qui ne fait fortuitement pas partie de cet Axe du mal cher à la propagande de la Maison blanche.

Ainsi, dans la nuit de samedi à dimanche dernier, une vingtaine d’étudiants s’en sont pris au palais présidentiel de Mexico. Leurs revendications ? S’assurer que 43 de leurs camarades étaient toujours en vie. En effet, le 26 septembre, ces étudiants de l’École normale rurale d’Ayotzinapa ont eu l’outrecuidance de défiler dans la ville d’Iguala, dans le sud du Mexique. Si leurs revendications demeuraient floues, la guerre civile ne menaçait pas. Mais menaçaient manifestement la tranquillité de l’ancien maire de la ville, José Luis Abarca, et surtout celle de son épouse, Maria de Los Angeles Pineda, qui inaugurait une exposition pour l’association locale d’aide à l’enfance dont elle est la présidente. On notera que l’ancien édile est de gauche et que son épouse est la sœur de trois narcotrafiquants notoire.

Ceci expliquant probablement cela, la municipale a arrêté les 43 trublions pour les remettre dans les mains des narcos… Depuis, plus de nouvelles. Enfin si, après une enquête au sérieux tout mexicain, les narcos en question ont avoué avoir tué ces 43 étudiants, brûlé leurs corps avant de les passer au concasseur et d’en jeter les restes dans la rivière la plus proche. Depuis, 74 suspects, policiers, fonctionnaires et trafiquants, auraient été arrêtés. Nul doute que tout cela sera suivi d’effets tangibles ; non, on rigole…

Eh oui, il y a ainsi des pays dans lesquels manifester, pour quelque raison que ce soit, présente certains risques. Risques autrement plus sérieux que ceux pris par nos guignols persuadés que la révolution est au bout de leurs dreadlocks et de leur haleine de punks à chiens.

11 novembre 2014

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