Editoriaux - Le débat - 25 avril 2016

Shakespeare : un réactionnaire nauséabond

Le 23 avril, le Royaume-Uni a célébré en fanfare la quadricentenaire de la mort de William Shakespeare, ce sombre dramaturge anglais dont le nom, à jamais attaché au lyrisme, devrait être banni de tout programme scolaire, tant son œuvre est haineuse et véhicule un message rétrograde.

Il suffit, en effet, de survoler l’œuvre shakespearienne pour être saisi de nausée face à cet abîme de haine.

Commençons par son œuvre la plus en vogue, Roméo et Juliette, relatant un amour insolemment hétérosexuel. Juliette se suicidant par amour pour Roméo ne personnifie-t-elle pas l’amour bourgeois contre lequel tant d’augustes féministes ont lutté au cours des siècles ?

La même analyse s’applique à La Mégère apprivoisée, une autre pièce commise par le même triste sire. L’intrigue principale de ladite pièce est le “dressage” d’une femme caractérielle par son futur mari qui souhaite lui intimer le respect et la rendre soumise. Le parti pris de l’auteur est clair : aliénation de la gent féminine et apologie du patriarcat.

Ne parlons même pas de l’antiprotestantisme insidieux de Hamlet, ni du racisme ordinaire véhiculé par Othello.

Penchons-nous seulement sur Le Marchand de Venise, œuvre antisémite s’il en est. Shylock, l’antihéros de ce triste torchon, est un Juif dont le métier est… prêteur sur gage (et ce n’est que le premier des préjugés immondes qui vont s’ensuivre). Évidemment, c’est un prêteur malhonnête qui n’hésite pas à mentir, à tricher et même à tuer, s’il le faut. Il ressent une joie particulière à fomenter des coups contre son rival chrétien, dont le succès l’enrage. A la fin de la pièce, sa propre fille se convertit au christianisme, et il est lui-même contraint de le faire. Telle est donc la définition que l’auteur avait du vivre ensemble…

Après lecture de ces éléments, peut-on encore comprendre la décision honteuse de nos amis d’outre-Manche de célébrer le trépas d’un tel individu ? Nous, Français, ne célébrons pas des écrivains tels que le sulfureux Céline ou le nauséeux Morand. Il apparaît donc totalement saugrenu, voire dangereux, de remettre dans le débat public les délires xénophobes et misogynes de ce “secoueur de poires”, comme Alfred Jarry aimait à l’appeler.

Nous nous étonnons donc qu’aucune association de défense des minorités n’ait encore exigé que les pièces de cet individu soient bannies de toute représentation publique, et a fortiori des programmes scolaires.

La France semble toutefois avoir réalisé le danger que constituent ses œuvres pour nos générations futures. C’est ainsi que le nom honni de Shakespeare est absent des manuels scolaires de nos enfants, tout comme celui de Dickens, un autre antisémite virulent face aux délires duquel nos marmots doivent être protégés. Merci, Madame le Ministre.

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