Culture - Editoriaux - Justice - Politique - Presse - 12 novembre 2015

Sexistes, les contempteurs de Najat ?

On a beau avoir entamé le troisième millénaire sous l’intrusive tyrannie de la parité et des vociférations femenesques, la misogynie et le machisme continuent de nous coller perfidement aux jarretières. Ainsi, il y a quelque temps, me suis-je fait traiter de « gamine vieillissante » par un élégant employeur duquel j’avais refusé un boulot payé au black, puis menacer d’être « écrabouillée » et « grillée dans la profession » par un rouleur de mécaniques éconduit. Aussi, devrais-je pousser des cris d’orfraie quand Najat Vallaud-Belkacem se fait remonter les bretelles de soutif par Jean-Paul Brighelli, avant d’être affublée du gracieux sobriquet de Vagino-Bécassine par Laurent Gerra. Que nenni.

Certes, Laurent Gerra n’est pas réputé pour la finesse de ses formules ; mais chacune de ses têtes de Turc, homme ou femme, en prend pour son grade. Et souvenons-nous qu’un Thierry le Luron, en son temps, n’était guère plus délicat quand il singeait Dalida (“Depuis que j’ai voté François, adieu la ménopause”) ou Alice Sapritch (“Dans ma carrière, j’ai eu plus de liftings que de rappels. Avec ce qu’ils m’ont tiré, je me suis fait un sac à main”). Tout cela reste fort gentillet comparé au “Lâcher de salopes” de Bigard. Asséner une vanne « sexiste » à NVB ne revient en réalité qu’à lui rendre la monnaie de sa pièce. Le tacle de Brighelli procède de la même logique. Depuis son arrivée au gouvernement, madame la ministre nous bassine du matin au soir avec sa conception caricaturale de l’égalité, de l’émancipation féminine, de la guerre aux clichés phallocrates. Elle nous explique que des femmes maçonnes, ça serait l’avenir. Et côté nivellement, la donzelle est une experte à en perdre son latin.

Elle prétend lutter contre les stéréotypes de genre. Soit. Peut-être devrait-elle alors arrêter de se comporter à l’Assemblée comme une lycéenne désinvolte qui glousse et papote sur les bancs d’une école, agitant ses breloques, arborant ses dessous en dentelle, donnant la désagréable impression au contribuable qui finance son salaire d’avoir passé plus de temps à pomponner son image médiatique qu’à potasser ses dossiers. Sans doute devrait-elle cesser de toiser comme une diva les « pseudo-intellectuels » qui osent pointer son incompétence et tenter plutôt, dans un viril sursaut d’alpinisme neuronal, de se hisser à leur niveau. Ce n’est pas son statut de femme que Brighelli ou Gerra tournent en dérision, mais son arrogance de péronnelle enlisée dans un Sahara d’ignorance et convaincue de détenir la science infuse.

Question n°1 : préféreriez-vous que votre enfant ait pour professeur Jean-Paul Brighelli ou Najat Vallaud-Belkacem ?

Question n°2 : quelle féministe peut se réjouir d’une représentativité politique réduite aux balbutiements d’une ministre de l’Éducation qui ignore ce qu’est une hypothénuse d’une ministre de la Justice qui victimise les délinquants, d’une ministre du Travail qui ne connaît rien aux CDD, d’une ministre de la Culture qui ne lit pas ?

La parité est comme l’enfer : pavée de bonnes intentions. En l’occurrence, un défilé d’égos surdimensionnés qui ne souffrent aucune critique et prétendent voir de la discrimination partout. Le sexisme, le vrai, c’est celui que subit l’actrice marocaine Loubna Abidar, contrainte de quitter son pays après avoir été insultée et frappée, le 5 novembre dernier, par trois individus : “La nuit a été terrible. Les médecins à qui je me suis adressée pour les secours et les policiers au commissariat se sont ri de moi, sous mes yeux”. Son crime : avoir joué à l’écran un rôle de prostituée ; être une femme libre.

PS. Je pressens que le méchant correcteur de Boulevard Voltaire va encore remasculiniser les noms que je féminise avec gourmandise. Pas facile d’être une autrice féministe et réac !

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