Seuls 4 % des Grecs font confiance à leurs politiques !

Sous le soleil de Mykonos ou de Corfou, la Grèce broie du noir… Les touristes se dorent la pilule sur les plages de Vouliagmeni, retrouvent leur Amstel ou leur Guinness, sirotent pour faire couleur locale un ouzo laiteux à la santé du “royal baby”, bafouillant un vague kalimera à l’attention du serveur, en guise de pourboire… Et entre deux airs de sirtaki, repus de greek salad et après quelques rots de chevaliers teutons, nos estivants rose bonbon des bords du Rhin ou de la Tamise ne semblent pas inquiets.

Car, même saignés à blanc par la chancelière de l’Euro-Reich, les Grecs demeurent décidément pacifiques, fréquentables, toujours aussi hospitaliers et, surtout, ne posent pas (encore) de bombes. Pas plus qu’ils ne déposent leur Premier ministre qui vient de recevoir le sinistre Schäuble (ministre des Finances allemand) ou ne bloquent le pays en enchaînant grèves générales, attirant cette année les vacanciers qui ont déserté l’Égypte ou Djerba, devenues trop risquées.

Même si cette manne touristique est la bienvenue, 98 % des Grecs considèrent que leur économie est en piteux état, comme l’indique l’Eurobaromètre (pour la période du 10 au 24 mai) publié cette semaine à Bruxelles : le pourcentage de pessimisme sur la situation économique est de 28 % plus élevé que la moyenne des pays européens.

Même si, ici ou là, quelques indicateurs se remettent à l’orange, 68 % des Grecs considèrent que le pire est encore à venir pour ce qui concerne de nouvelles coupes dans les retraites, les allocations familiales, les crédits pour les hôpitaux ou les écoles. Sans même parler de la culture, de la télévision publique que le gouvernement a suspendue sans crier gare : écran noir du jour au lendemain, ce que même le régime des colonels n’avait osé faire…

On a vu peu d’intellectuels germanopratins, philhellènes professionnels ou occasionnels se mobiliser pour balayer la neige du petit écran hellénique. Même Costa-Gavras, Zorro des bonnes causes, n’a pas fait don de ses films aux journalistes licenciés cherchant à meubler les programmes d’une télévision publique qu’ils tentent courageusement de remettre à l’antenne.

On ne sera pas surpris que, dans ce contexte, 90 % des Grecs se défient de leur gouvernement et de leurs institutions. Seulement 4 % des Grecs font encore confiance aux partis politiques. En outre, 80 % des Grecs ne croient plus à l’UE. Et ils ont bien raison !

Encore un effort, camarades Merkel et Schäuble, et le retour des colonels vous pend au nez. Déjà près de 15 % des Grecs accordent leur sympathie au parti néonazi de l’Aube dorée. Peut-être alors que Saint-Germain se réveillerait…

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