Rien n’est trop beau pour les petits marquis des établissements publics. Alors que le bon peuple croule sous une fiscalité toujours plus étouffante, certains multiplient les dépenses somptuaires et les abus. Peut-être pensent-ils que les mesures d’économie ne doivent s’appliquer qu’à d’autres ; eux seraient, de droit et de fait, au-dessus des basses contingences matérielles du vulgum pecus.

, présidente-directrice générale de l’Institut national de l’audiovisuel, est typique de cette caste qui ne s’interdit rien et ne se refuse jamais rien non plus (pas même l’indécence). Elle est aujourd’hui soupçonnée d’avoir dépensé des sommes folles dans des déplacements en taxis de la compagnie G7. En dix mois, elle aurait accumulé plus de 40.000 euros de factures. Ce montant totalement déplacé correspond à un revenu annuel de la fourchette haute pour une famille française. Il n’y a plus beaucoup d’air disponible lorsqu’on atteint le sommet de la montagne comme madame Saal, mais tout de même… La suite de l’histoire emprunte tant au registre comique qu’au registre dramatique, comme bien souvent à notre époque.

Pour sa défense, madame Saal, toute honte bue, n’a pas hésité à déclarer ceci : « En tant que PDG de l’INA, j’ai une voiture de service avec chauffeur à disposition. Mais, comme je ne peux pas le faire travailler dix à quinze heures par jour ni les week-ends, j’ai également un abonnement aux taxis G7, car je n’ai pas de permis de conduire. Ce dispositif avait déjà existé avant mon arrivée et je l’ai repris. » Pensez-vous, sa trépidante vie de PDG de l’INA l’oblige à multiplier les courses en taxi lorsque son chauffeur s’absente ! Le métro n’est probablement pas assez bien pour elle, je croyais pourtant qu’on y vivait « des moments de grâce », comme l’avait prétendu Nathalie Kosciusko-Morizet l’an dernier, alors qu’elle était en campagne pour les municipales parisiennes.

Les lettres de délation anonymes ne sont jamais un procédé noble, mais en l’espèce, le « corbeau » qui a dénoncé était probablement écœuré par les dépenses inconsidérées de la présidente-directrice générale en période de disette. Pensez-donc que 40.000 euros suffiraient pour sauver un des nombreux conservatoires en région menacés de fermeture.

D’ailleurs, l’excuse professionnelle ne tient pas pour les 7.800 euros de frais de taxi facturés le week-end, et les 6.700 euros imputables... au fils de madame Saal à qui elle avait communiqué son numéro de réservation. « C’est une maladresse, j’en reconnais la responsabilité et j’ai immédiatement remboursé ces frais », a-t-elle invoqué. Une maladresse de trop pour celle qui a succédé à Mathieu Gallet, actuel PDG de Radio France régulièrement critiqué pour ses frais de mobilier et de bouche.

Aujourd’hui, nous ne pouvons plus accepter ces pratiques, elles font horreur aux Français. À juste titre. En effet, les cigales de la caste nous conduisent dans le , mais nous demandent d’adopter le comportement des fourmis. L’exemple se donne au sommet.

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28 avril 2015

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