On ne sait si l’on doit en rire ou en pleurer. Serge Dassault, 88 ans, se plaint d’être « harcelé et racketté par une bande de voyous ». C’est dans Le Journal du Dimanche et sur deux pages. Deux pages d’autojustification, dégoulinant de bons sentiments, d’aveux de crapuleries évidentes et de clameurs d’innocence assourdissantes de bêtise.

Jamais, au grand jamais, l’héritier de son papa n’a acheté le moindre suffrage pour se faire élire maire de Corbeil-Essonnes en 1995. Ni réélire en 2008. Juré craché, foi de l’adolescent qui a connu pendant la guerre « l’humiliation et l’incertitude d’être exécuté le lendemain »… Un p’tit coup de nostalgie des heures les plus noires de son histoire ? Pas seulement, c’est aussi toute une éducation : « À la prison de Montluc à , enfermé par la Gestapo […] j’ai appris à avoir le contact avec tout » Quelques décennies après, cela lui a sans doute servi avec René Andrieu qui « l’a aidé un peu en 1995 » et qu’il a aidé à l’époque : « J’avais essayé de le faire travailler, de lui proposer des emplois. En 1997, il a été arrêté avec plusieurs kilos de dans sa voiture. » C’est ballot, tout de même… « Je l’ai aussitôt viré de mon entourage et il a quitté la ville », poursuit le corniaud de l’Essonne. Mais pour mieux y revenir, quelques années plus tard…

Lorsque René Andrieu et Fatah Hou viennent, en février 2013, lui réclamer de l’argent pour « services rendus » jusque dans son bureau de maire (entrevue filmée en douce et envoyée ensuite au site Mediapart), ils n’obtiennent rien de sonnant et trébuchant sur-le-champ, mais du plus bruyant et mortel en pleine rue le mois suivant, canardés qu’ils sont par Younès Bounouara…

Un Younès que ce bon Serge avait trouvé, des années plus tôt, tellement « sympathique, franc, avec la langue facile et la fibre sociale ». Rien de moins ! « Grâce à lui, j’ai connu de nombreux jeunes des familles. Pour travailler sur les quartiers sensibles, c’est très précieux d’avoir des gens qui vous introduisent ! » Ça, on peut même dire que Younès le lui a introduit bien profond : 400.000 euros pour sa pomme et aussi, à sa demande, des chèques pour ses associés. Mais attention : « Cet argent, 2 millions d’euros au total, a servi pour des investissement en » Ah ! ben si c’est pour aider au bled, évidemment…

Mais la cerise sur le gâteau, c’est surtout avec Mamadou Kebbeh qui lui aurait piraté son téléphone et sa boîte mail pour le harceler jour et nuit ainsi que sa famille et ses amis : « Lui, c’était du racket. Il voulait de l’argent, point final. » Un peu comme tous les autres, soit dit en passant… Mais qu’à cela ne tienne, ce brave Serge s’est dit : « Il faut qu’il me foute la paix et laisse tranquille ma famille. » D’où 1,2 million d’euros pour sa (sale) gueule versés au ! Seulement Mamadou Kebbeh n’étant pas un gentleman, il a illico presto recommencé son chantage en « faisant croire ce coup-ci que l’argent que je lui avais donné avait un lien avec les »… « Ce coup-ci » ? Pitié, mais faites-le taire, c’est pathétique… D’ailleurs, les journalistes du JDD ne risquent-ils pas une pour « abus de faiblesse » ?

Quand on pense que des juges parisiens viennent de demander la levée d’immunité parlementaire de Serge Dassault. C’est sûr que s’il se retrouve en garde à vue, les flics vont finir par lui taper dessus… mais pour le faire taire !

9 décembre 2013

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