Editoriaux - Histoire - Justice - Table - 16 mai 2016

Sept ans, seulement, pour le meurtre d’un Français en Egypte

Sept ans, sans réflexion, pour le meurtre d’un Français dans un commissariat d’Egypte. Le temps d’un malheur, comme si Eric Lang n’était qu’un simple miroir. Peut-être celui de la lâcheté de nos élites progressistes, qui ne se sont pas trop émues de cette affaire à l’époque, en 2013, mais qui crient au loup quand le peuple s’insurge contre la venue d’un rappeur aux mœurs patriotiques discutables à Verdun, dans la foulée des commémorations de la bataille. Et ce, quelle que soit la « grande importance » du dossier pour les autorités françaises, affirmaient-elles à propos d’Eric Lang.

Disons franchement qu’il intéressait bien moins le microcosme parisien – qui dicte les tendances idéologiques et morales de la nation – qu’un réalisateur jadis menacé d’extradition depuis la Suisse vers les Etats-Unis pour y répondre d’un viol sur une mineure de treize ans. Tout le monde n’est pas Polanski !

Eric Lang fut battu à mort par six codétenus dans la cellule d’un commissariat où il était retenu depuis une semaine en garde à vue, « après avoir été arrêté dans la rue parce qu’il n’avait pas de pièce d’identité et que son passeport, apporté plus tard aux policiers, ne portait pas de visa de séjour valide, selon les autorités. » (source : Le Parisien)

S’il prenait l’envie aux policiers français d’imiter les méthodes musclées de leurs collègues égyptiens avec les illégaux de notre pays, gageons que les associations antiracistes et autres officines des droits – sélectifs ! – de l’Homme auraient rameuté du monde pour protester !

Les responsables du meurtre d’Eric Lang – à coups de barre de fer et de câble électrique : c’est un vrai BHV, les geôles égyptiennes ! – viennent donc d’être reconnus coupables et condamnés à sept ans de prison.

Alors, si, peut-être, la peine est un peu légère pour un assassinat, si les autorités égyptiennes, comme le pense la famille de la victime, sont impliquées, on ne va certainement pas les froisser face à un tel verdict. L’Egypte nous achète si généreusement nos armes et le client est roi !

Où sont les droit-de-l’hommistes pour hurler tous en chœur à l’injustice ? C’est vrai que l’information est toute fraîche mais je doute qu’une réaction collective d’ampleur voie le jour. Non, il est beaucoup plus important de condamner les agissements d’une Police « assassine » freinant la libre expression altermondialiste des casseurs, qui se manifeste pourtant pas d’innocentes destructions et des tabassages de flics !

En 2005, Zied Benna et Bouna Traoré, eux, avaient eu le droit à des funérailles qui enflammèrent la France pendant plusieurs jours, alors qu’ils s’étaient tués seuls, malgré ce que prétendent certaines légendes urbaines.

Comble de l’ironie de cette triste histoire : la libération de ce professeur de français, âgé de 49 ans, avait été ordonnée à l’époque par un juge égyptien, sept jours plus tôt !

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