Blog - Culture - Editoriaux - Médias - Politique - 22 février 2017

Qui s’émeut réellement du racisme anti-français de Mehdi Meklat ?

Le système médiatique ressemble de plus en plus à un film burlesque à la Laurel et Hardy. On y voit s’agiter des scribouillards de seconde zone, prétentieux pseudo-missionnaires d’un monde nouveau façonné dans les salles de rédaction des médias subventionnés, par de faux héros sans formation philosophique ni historique, formés à la politique par l’esprit Canal et les clips de « rap conscient », eux-mêmes simple caisse de résonance des éditos de L’Obs ou de Libé. Et comme dans les films de Laurel et Hardy, chaque nouvel épisode apporte son lot de glissades improbables, de décors qui s’écroulent, de peaux de banane sous les semelles et de tartes à la crème dans les yeux. Leur système, fondé sur des mythes en fin de vie, s’écroule comme un vieux meuble rongé par les mites. La moindre secousse met l’édifice tout entier en péril.
 
Dernier exemple en date de cet écroulement programmé : l’affaire Mehdi Meklat. À première vue, le gendre idéal, jeune, branché, « rebeu », de gauche, militant antiraciste, progressiste, adoubé par Christiane Taubira et Les Inrocks, gavé de moraline bien-pensante, et pour toutes ces raisons largement mis en avant par les journalistes-doctrinaires qui, depuis des années, cherchent désespérément des exemples de « jeunes issus de l’immigration » capables de compter parmi les forces vives, culturelles et, à terme, politiques de ce pays. On découvre, finalement, que celui en qui tant d’espoirs avaient été placés se révèle être une petite frappe intolérante, auteur de messages ultra-violents et macabres, injurieux et menaçant.
 
Ceux qui, à raison, veulent faire tomber l’icône étant eux-mêmes prisonniers des codes intellectuels de l’époque, pour le discréditer, utilisent principalement son antisémitisme et son homophobie contre lui. Pourtant, le sinistre Mehdi, pour se défendre, a dit ceci : “Jusqu’en 2015, sous le pseudo “Marcelin Deschamps”, j’incarnais un personnage honteux raciste antisémite misogyne homophobe sur Twitter.” Personne ne semble s’émouvoir du fait qu’au personnage à qui il fait porter toutes ces tares, il donne naturellement un nom typiquement de souche. On imagine assez bien le cataclysme politico-médiatique si, demain, un écrivain ou un journaliste de droite créait, sur Twitter ou ailleurs, le personnage de « Kader Fofana, dealer, violeur et rappeur ».
 
Mon ami Christopher Lannes a écrit récemment sur Boulevard Voltaire un article sur le racisme anti-blanc du rappeur Gradur, qui peut se payer la figure type du « petit Blanc » sans que cette manifestation d’un racisme ordinaire et admis ne soit même relevée par les médias qui ont relayé l’information, le plus souvent pour s’en amuser. Une scène dont les protagonistes auraient, chacun, des caractéristiques identitaires exactement inversées n’aurait pas manqué de choquer les bonnes âmes. Si, aujourd’hui, certains journalistes renoncent à défendre Mehdi Meklat, c’est parce que défendre un antisémite et un homophobe est une posture inimaginable pour eux et trop compromettante pour la suite de leur carrière. Si le gendre idéal du Bondy Blog n’avait eu que son racisme anti-français à se faire reprocher, jamais son nom n’aurait dépassé les limites de sa matrice nourricière, la bobosphère.

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