Editoriaux - Table - 7 avril 2016

Ségolène, impériale !

Voici, comme par miracle, que l’aéroport de Nantes, tel que prévu depuis des années sur le site de Notre-Dame-des-Landes, serait « disproportionné ». Soufflé par un énième rapport, fiable celui-là indiscutablement puisque inespéré, le verdict de notre Salomon en jupon est tombé : « Je vais couper en deux le bébé ! Manuel n’est décidément pas un intellectuel, il n’entend rien aux affaires de gouvernement. Je vais lui montrer, moi, comme on gouverne, et particulièrement comment on tranche un différend ! Deux pistes pour atterrir et décoller ? Allons bon ! la solution est toute trouvée : une seule fera l’affaire… et enterrée ! Foi de ministre de l’Environnement ! »

Sacrée Ségolène ! Et pauvre France ! Nous savions, grâce aux cons du Syndicat de la magistrature et à leur tristement célèbre mur, que pour défendre un cas, il importe bien moins de trouver le bon avocat que de choisir le bon juge, le juge adéquat. Il se confirme de jour en jour que pour défendre une cause, le bon “expert” s’impose. Celui qui dira ce que nous avons envie d’entendre, et surtout pas autre chose, celui qui nous en donnera pour notre argent, celui qui conclura par le bon rapport, le bon “aérapport”.

Et tant pis si trop petit, un aéroport sera toujours trop grand. L’essentiel n’est-il pas de calmer l’ardeur des belligérants, si possible en sauvant les apparences – s’il en reste ! -, de faire preuve d’un faux-semblant d’autorité en cédant non d’un coup, au risque de se dévoiler, de se faire prendre en flagrant délit d’incompétence, mais progressivement, un peu partout ? À chacun des deux camps, la moitié de son content ! À toi le ballon, et à toi l’air pour mettre dedans ! « Gagnant-gagnangnan ! » comme notre dame de Hollande aime à le répéter. « Et maintenant, allez jouer les enfants ! Je ne veux plus vous entendre rouspéter ! »

“Torts partagés”, semble conclure notre Ségolène nationale, le constat est tout trouvé… et tant pis si l’un des deux automobilistes impliqués dans l’accident – celui qui a brûlé le feu – roulait sans permis dans une voiture volée ! Il faut savoir ménager les susceptibilités !

« Comment ? Une piste, c’est encore trop ? Allons bon ! Alors, va pour une demi, mais c’est mon dernier mot ! »

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