Elles sont impayables, ces femmes politiques : toujours à ronchonner, à pleurnicher, à brandir leur « féminitude » en guise de bouclier, d’excuse, de paravent. Enfin, quoi ! Arrivera-t-il, ce moment où ces amazones, ces égéries, ces wonderwomen tiendront toutes seules, debout, sans ces misérables béquilles qu’elles dégainent dès que le vent monte à force 1 ?

Voyez Ségolène : elle a encore frappé. Lundi dernier, elle passait dans l’émission “Et si c’était vous ?”, sur lemonde.fr. Elle a, évidemment, été titillée sur les très imbéciles propos qu’elle a tenus sur Castro et son paradis : « Des prisonniers politiques à ? Vous rigolez ! » Et, aussi sec, la machine “ségolènoïde” s’est mise en route : « Regardez ce que j’ai subi comme attaques. Tout de suite, l’agression a été sexiste. »

Et voilà ! On critique madame Royal, qui appartient à l’engeance féminine, donc on est sexiste. Forcément. Et la gourde d’enfoncer le clou : « Dans l’agression idéologique de la sur la façon dont je disais des choses vraies sur Cuba, il y avait cette résurgence de la contestation de l’évaluation historique qu’une femme a droit ou pas le droit de faire même avec mon background et mon expérience . On n’est pas encore sorti de cette misogynie et de ce . » Vous voilà prévenus : si vous osez critiquer Ségolène, vous êtes, ipso facto, misogyne et sexiste. C’est de la paranoïa, de l’idée fixe ! Taubira faisait exactement la même chose. Mais comme, en plus, elle est black, au « sexiste » elle ajoutait « raciste ».

Madame Royal, je me permets, avec énormément d’égards pour votre personne et de respect pour votre expérience politique et votre franglais, de vous faire remarquer que vous avez dit des sottises, des idioties, des crétineries dont il n’y a pas lieu que vous soyez fière. Je n’en veux pas au fait que vous soyez une femme ! J’en ai juste assez que vous vous mettiez à glapir comme une gamine mal élevée dès qu’on vous met le nez dans vos erreurs.

On nous bassine jour et nuit avec l’égalité, cette « valeur de la », impérative, altière, témoin d’une modèle et quasi achevée, preuve vivante que nous approchons, en , du nirvana politique, de ce moment où, enfin, les femmes et les hommes seront égaux. Égaux ! Oui, enfin ! Traités pareils ! Pas de favoritisme. Dans ce pays, on a tué la politesse, l’élégance, la courtoisie, toutes vertus inégalitaires qui permettaient à un homme de tenir la porte ouverte ou de descendre du trottoir pour laisser passer une femme. Les féministes ont été les premières à râler contre ces mœurs d’un temps qu’elles voulaient révolu. « La femme est un homme comme les autres ! » hurlent-elles partout et à chaque occasion.

Très bien ! Le résultat est qu’aujourd’hui, en appliquant ces délicats préceptes, on devrait avoir le droit, tout en lui lâchant la porte sur le nez, de dire à une femme qu’elle est une andouille et qu’elle dit n’importe quoi sans voir la donzelle sauter au plafond en arguant du crime de lèse-féminité. Et si cette femme regimbe, c’est qu’elle n’a rien compris à l’évolution des mœurs qu’elle a appelée de ses vœux.

Allons, Ségolène ! Reprenez vos esprits !

12 janvier 2017

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