L’article de Christophe Servan sur les Français qui quittent la Sécurité sociale mérite de larges commentaires.

1) Ils ne seraient que 472 selon les chiffres de cet organisme ; mais pour le fréquenter professionnellement depuis des décennies, je suis bien placé pour savoir qu’il est aussi expert en manipulation de chiffres que le ministère de l’Intérieur pour la Manif pour tous, par exemple…

2) Les contestataires ne sont pas “farouchement pro-européens et partisans d’un libéralisme extrême”, mais simplement des gens désireux de jouir d’une liberté reconnue dans la majorité des pays civilisés, et tirer des textes européens le peu qu’ils ont de bon.

3) La controverse n’est nullement tranchée, et “l’obligation de s’affilier” n’est contestée par personne, pas plus que celle d’assurer sa voiture…

4) Conséquemment, il n’est nullement “normal dans un État de droit” d’engager contre eux des poursuites judiciaires, d’autant que les tribunaux des affaires de Sécurité sociale sont évidemment juges et parties. Curieusement, on vient de voter le durcissement de la loi punissant ceux qui inciteraient à l’évasion, alors que la loi ancienne n’a jamais été appliquée à personne. Signe d’impuissance autant que de panique. D’ailleurs, si les caisses françaises ne sont pas des entreprises comme les autres – et donc soumises à la concurrence –, pourquoi s’empressent-elles depuis quelques mois de se faire immatriculer comme telles au registre du commerce, avec numéros SIREN, SIRET, etc. ?

5) “Reste la question de fond, à savoir la supériorité intrinsèque de l’un ou l’autre des systèmes d’assurance maladie.” D’accord. Que le système d’assurance maladie universel mis en place à Taïwan soit considéré comme un modèle d’excellence, j’en suis ravi pour eux ; mais je subodore que c’est simplement parce qu’il fait correctement son métier d’assureur avec les méthodes de gestion du privé. Qu’il n’est pas devenu au fil des décennies un État dans l’État, et la mangeoire et l’agence de placement de dizaine de milliers d’employés des caisses, de l’URSSAF et de syndicalistes “représentatifs”. Qu’il n’est pas l’open bar sanitaire de la moitié de la planète. Qu’il ne paye pas les yeux fermés des hôpitaux où il y a autant d’administratifs que de lits… Le système est devenu ce que prévoyait Bastiat il y a cent cinquante ans, « une grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde ». Et il faudrait continuer ? Chacun peut consulter sur Internet le coût d’une assurance maladie privée (seulement étrangère comme Amariz ou DKV Belgium, parce que les assureurs français sont tenus en laisse courte par la direction des assurances de Bercy, qui peut les taxer du jour au lendemain). Comparez alors avec les prélèvements obligatoires réels (sans oublier la mal nommée “part patronale” et la CSG) de notre système, et pour des prestations supérieures. Au minimum minimorum, 10 % d’augmentation de pouvoir d’achat, souvent beaucoup plus, et du jour au lendemain. Les promoteurs de la relance par la consommation devraient n’y voir que des avantages ! Au passage, la même liberté devrait être rendue à la retraite, système épuisé de cavalerie à la Madoff…

31 octobre 2014

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