Editoriaux - Polémiques - Santé - Société - Table - 4 mars 2017

Scoop : nous allons tous mourir !

Libé titrait “Alarme”, le 27 février, un article larmoyant sur les agents endocriniens, la nouvelle peur.

Que sont les « agents » ou « perturbateurs endocriniens » ? Tous les éléments naturels ou chimiques qui agissent sur les hormones et sont donc susceptibles de causer des dégâts à l’organisme. Est-ce nouveau ? Bien sûr que non ! Mais voilà, l’expression fait peur et tombe à pic.

Oui, tous les deux mois, il faut un nouveau sujet pour distraire le bon peuple, lui donner de petits frissons dans le dos, lui donner sa guerre, tout simplement. 

Rendez-vous compte! Tous les jours, des millions de Français se lavent les cheveux, les dents, mangent… sans savoir qu’ils risquent leur vie. Et oui, tout est dangereux, tout est cancérigène : les savons et autres nettoyants, les aliments (gras, salés, sucrés, viandes, poissons), le tabac (n’oublions pas : le fumeur est doublement coupable en ses qualités de suicidaire et d’assassin).

Nous avons résisté aux terroristes en dégustant une bière en terrasse, nous résisterons au cancer en arrêtant de manger et de nous laver. 

L’arbre est bien visible, mais quelle est donc cette forêt qu’il cache ?

Pour éviter que la personne lambda ne s’interroge, le journaliste actuel écrivant dans un journal de grande diffusion a une fâcheuse tendance à poser les questions et fournir les réponses. Ainsi, il dénonce les perturbateurs endocriniens, dresse une liste de produits lambda, jette l’anathème, puis part satisfait.

Pourtant, si on creuse un petit peu plus, on peut découvrir de nouvelles questions : ainsi, pourquoi dans la liste de ces fameux perturbateurs endocriniens ne trouve-t-on pas la pilule ? Responsable d’un grand nombre de cas de stérilité chez les animaux – et, de plus en plus, chez les humains -, c’est un véritable sujet de scandale. Pourquoi donc notre camp du bien ne part-il pas en croisade contre cette pilule ? C’est que c’est également un « droit fondamental », il faut croire que la jouissance de nos contemporains, libérés de toute responsabilité, vaut plus cher que l’écologie. 

Le tabac est montré comme l’axe du mal. Depuis Le Pari, chacun sait que le tabac, c’est tabou… on en viendra tous à bout. Ah, mais non, beaucoup trop lucratif pour réellement s’y attaquer : donc, le prix augmente, transformant un plaisir en un racket. 

Ainsi, toutes nos polémiques sont loin, bien loin des enjeux de santé publique, elles ne sont que du divertissement pour les masses placées comme paravents d’enjeux financiers. Du prêt-à-penser pour bobos qui souhaitent briller en société. Celui-ci expliquera se rouler dans la poussière tous les matins pour préserver sa « faune épidermique », celui-là sera vegan pour lutter contre le « génocide animal », les deux prendront la pilule et mourront prématurément d’un arrêt cardiaque. Ma dernière espérance réside dans la nature qui finit tôt ou tard par reprendre ses droits.

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