Le Salon international de l’agriculture de l’année 2016 restera gravé dans les mémoires. Le Président est plus que jamais contesté par les travailleurs du secteur primaire. Acculés, parfois ruinés, les agriculteurs se sentent abandonnés par un pouvoir incapable d’assurer leur protection face à une concurrence internationale de plus en plus déloyale et les règles injustes engendrées par le marché unique. François Hollande, et son ministre Stéphane Le Foll, fidèle parmi les fidèles, sont accusés d’avoir multiplié les mauvais choix et d’être faibles face aux institutions européennes. Tout cela est exact. Songez que la provenance de la viande n'est même pas étiquetée !

« Nous, on n'est pas des migrants, donc François Hollande ne s’occupe pas de nous ! », hurlaient, samedi, les agriculteurs réunis en un comité d’accueil vengeur. Un cri du cœur qui trouve un écho dans toute la population française. L’idéologie mondialiste abandonne la nation à toutes les prédations, tant migratoires qu’économiques. La France est insuffisamment protégée, il est temps qu’elle retrouve des frontières.

Le paysan est « celui qui habite la campagne et cultive la terre ». Par nature, il s’agit d’un homme enraciné, d’un sédentaire qui trace des frontières pour marquer son territoire. Il n’est pas nomade et ne profite donc que très peu de la mondialisation des échanges. Le tableau du labour par les bœufs de Rosa Bonheur (Labourage nivernais) touche les cœurs de tous les Français. En effet, il n’existe pas un seul Français qui ne descende pas, directement ou indirectement, d’agriculteurs. La France est un très vieux pays dont les paysages ont été façonnés par les travailleurs de la terre. C’est la terre qui nous unit. C’est la terre qui fait la nation. C’est la terre qui a fait les familles de France. L’oublier signerait notre arrêt de mort.

François Hollande et les siens ont-ils conscience de l’ampleur du désastre ? Sont-ils à ce point soucieux des autres qu’ils en oublient les proches ? On est aujourd’hui en droit de se poser sérieusement la question. Pendant que David Cameron propose aux Britanniques un référendum sur la sortie de l’Union européenne, Stéphane Le Foll se met à plat ventre devant les instances supranationales. Dans le plus grand secret, sans aucun égard pour le droit à l'information des Français, le gouvernement négocie les accords TAFTA qui planteront le dernier clou dans le cercueil de l’agriculture française. Un traité qui, loin d’être « gagnant-gagnant », comme l’annonce fallacieusement le binational franco-allemand Matthias Fekl, secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, est perdant pour la France. Comme le disait très justement Périco Légasse dans Le Figaro : "Notre pays importe les cordes avec lesquelles nos agriculteurs se pendent."

Le groupement de distributeurs indépendants Intermarché, qu’il convient de saluer pour son patriotisme exemplaire, est aujourd’hui visé par une enquête ouverte par la Commission européenne, pour avoir souhaité acheter du porc à un prix plancher aux éleveurs français. Bruxelles estime que cette décision est une entrave à la concurrence étrangère. Le marché unique, supposément libre, s’avère être une prison. Le groupe risque potentiellement une amende à hauteur de 5 % de son chiffre d’affaires. Incroyable mais vrai. Que fait le gouvernement contre cette enquête inique ? Rien. Pourtant, le prix de 1,40 euro le kilo de porc était un objectif fixé par le gouvernement lors des négociations avec la filière. Le problème est que le pouvoir ne se trouve plus à Paris. Il est à Bruxelles, à Washington, à Pékin, dans les « hedge funds » spéculatifs.

Dans le même temps, le Parlement européen a décidé de détaxer l’huile d’olive tunisienne alors que plusieurs pays d’Europe, dont la France (marginalement), produisent de l’huile d’olive. Cherchez l'erreur...

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29 février 2016

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