L’ignoble profanation du cimetière juif de Sarre-Union a suscité une vive émotion dans tout le pays et particulièrement en Alsace, depuis qu’il se confirme que ses auteurs, cinq jeunes mineurs “sans histoires”, ont accompagné leurs dégradations de gestes à motivation “clairement antisémite”. Désarroi, incompréhension, colère face à de tels agissements, il n’y a pas de mots assez forts pour traduire le ressenti d’une région que d’aucuns montrent déjà du doigt, comme cet élu socialiste, Philippe Bies, qui dès dimanche soir n’avait pas hésité à stigmatiser ses compatriotes : “C’est sans doute une coïncidence, mais le a fait près de 41% aux dernières municipales à Sarre-Union.”

Ce type d’arguments risque d’accréditer une fois de plus la fausse image d’une Alsace qui serait le terreau de l’. À Sarre-Union – quel cinglant démenti -, 400 jeunes lycéens se sont réunis spontanément pour se désolidariser de leurs camarades. Et apporter leur soutien aux familles juives dont les tombes ont été profanées.

Alors, l’Alsace, antisémite ? Certes, on trouvera toujours ici ou là dans l’ des exemples qui abondent dans ce sens, mais un passé récent nous rappelle également que durant la guerre, lors de l’annexion de l’Alsace par les nazis en 1940, de nombreux juifs alsaciens ont souvent été aidés et sauvés grâce à l’action d’Alsaciens que le gouvernement israélien élèvera à la dignité de “Justes parmi les Nations”. Cette distinction suprême a été créée en 1953 par Israël pour honorer les non-juifs qui, pendant la guerre, avaient mis leur vie en péril pour sauver des juifs. Une quarantaine d’Alsaciens seront ainsi honorés par l’État d’Israël, sans compter toutes celles et ceux qui ont préféré rester dans l’anonymat.

Ce qui vient de se passer à Sarre-Union est une insulte à la mémoire de ces “Justes”, de ces “femmes et de ces hommes, de toutes origines et de toutes conditions, qui ont sauvé des juifs des persécutions antisémites et des camps d’extermination. Bravant les risques encourus, ils ont incarné l’honneur de la , ses valeurs de , de tolérance et d’humanité” (inscription gravée sur une plaque au Panthéon).

19 février 2015

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