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Editoriaux - Politique - Supplément - 8 mai 2013

Sarkozy « obligé de revenir » ? Ah non, pas lui !

Les Français auraient-ils la mémoire si courte ? À l’occasion du premier anniversaire de l’élection de François Hollande, chacun y va de ses interrogations. Et voici que d’aucuns, dans la perspective d’un départ anticipé de l’actuel chef de l’État, voient déjà en Sarkozy le sauveur de la patrie en danger ! L’intéressé lui-même qui, au soir du 6 mai 2012, avait pourtant officiellement déclaré abandonner la vie politique, se faisant une douce violence, va jusqu’à se demander publiquement s’il ne va pas être « obligé de revenir ». Il se dit même « extrêmement inquiet » car « le pouvoir socialiste est en train de s’effondrer sur lui-même ». C’était seulement quelques heures avant de s’envoler pour… Las Vegas. On ne se refait pas !

Soyons sérieux ! Qui ne se rappelle que, en raison du rejet que son attitude de parvenu avait provoqué chez les Français, on se demandait aussi, au premier anniversaire de l’élection de , si ce « néo-conservateur américain au passeport français » (dixit l’ex-socialiste Éric Besson) pourrait terminer son mandat ? Qu’on ne se méprenne pas ! Nul plus que nous ne souhaite le départ anticipé de François Hollande ! Nul plus que nous n’attend avec impatience qu’un printemps français fasse éclore l’espérance nationale ! Mais pas lui, non, pas Sarkozy !

Pas lui qui a imposé la forfaiture du traité de Lisbonne à ses compatriotes qui avaient refusé la Constitution européenne ! Pas lui qui, après avoir supprimé comme ministre de l’Intérieur la prétendue « double peine », a, en tant que président de la République, ouvert tout grand les vannes de l’immigration et régularisé et naturalisé à tour de bras ! Pas lui qui a fait rentrer la France dans le commandement intégré de l’OTAN et joué en Libye, avec le succès qu’on sait, l’idiot utile des Américains. Pas lui qui, ennemi de la famille, s’est rangé in extremis à un prétendu pacte civil conçu comme une simple étape supplémentaire entre le PACS et le mariage homo ! Pas lui qui a placé les budgets nationaux sous surveillance bruxelloise, ou plutôt berlinoise ! Pas lui qui a commencé à faire de l’armée la variable d’ajustement des finances publiques ! Pas lui dont l’attitude, le langage, la vulgarité, l’ignorance satisfaite étaient une insulte quotidienne à l’être de la France ! Non, pas lui !

Si Hollande devait prendre ses cliques et ses claques, faire de Sarkozy le recours serait surtout accepter la prolongation de l’hiver français.

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