Sarkozy et les migrants : et si le problème, c’était lui ?

Une responsable politique, évoquant dernièrement (18 juin) les “migrants” et les solutions préconisées par l’Europe pour résoudre ce problème, parlait en ces termes : […] “C’est un peu, si vous voulez, comme une maison dans laquelle vous habiteriez, il y a une canalisation qui explose, elle se déverse dans la cuisine. Le réparateur arrive et vous dit j’ai une solution : on va garder la moitié pour la cuisine, on va en mettre un quart dans le salon, l’autre quart dans la chambre des enfants, et si ça suffit pas on a en réserve la chambre des parents” […]

L’homme qui parle, satisfait de son trait spirituel, est conforté par de discrets rires et sourires de l’auditoire. L’homme qui parle, de son petit déhanchement du cou caractéristique, est en vérité l’artisan plombier qui installa la tuyauterie défectueuse avec son équipe, du côté de la Libye, il y a quelques années. Il se garde bien, en bon politique, de le rappeler. Dans son équipe figurait, par ailleurs, à l’époque, un dandy philosophe à la chemise blanche en toute circonstance immaculée et la mèche d’une rebelle smartitude, prompt à se pavaner sur diverses scènes de “théâtre” d’opération, mais n’ayant essuyé à ce jour que des tirs de tarte à la crème sur des plateaux télé.

“Plomberie totalement à dégager !”, clamait ce ministre des Affaires étrangères par procuration alors. Puisqu’on vous dit que le ridicule ne tue pas.

Certes, certes, une pensée sans action et une action sans pensée ne sont rien, disait Bernanos. Pour revenir à l’homme qui parle “plomberie” en évoquant un drame humain considérable, celui-ci, pour mémoire, possède à son bilan 747.000 chômeurs supplémentaires en cinq ans, 1,078 million si l’on cumule les catégories A, B et C (source Europe 1, avril 2012).

Ceci devrait suffire à le discréditer sur quelque sujet que ce soit, et souligne par ailleurs l’état de lobotomie avancé dans lequel semble se trouver un électorat qui devrait normalement se tordre de rire. Quatre jours plus tard (22 juin), notre homme tente d’ajuster la plomberie, en visite au Maroc, en justifiant ses propos : “Oser dire que je compare les migrants à une fuite d’eau, c’est grotesque. La fuite que j’évoquais ? C’est la solution préconisée par la Commission européenne.” Taclant au passage Manuel Valls : “Il doit être stressé, en ce moment, il a du mal”

Me revient cette scène cocasse à l’Assemblée nationale, au cours de laquelle, bave déjà aux commissures et tremblements frénétiques de la main, notre Valls aux postures rappelant furieusement celles d’un Mussolini de poche éructait en direction de la droite parlementaire : “Le retour du terrorisme en France, c’est vous !”

Trois ans plus tard, l’homme qui parle plomberie en se déhanchant le cou pourrait tout aussi bien rétorquer : “Le départ de milliers de jeunes Français pour la guerre sainte, c’est vous !” Mais ne leur donnons pas d’idées supplémentaires : ils semblent, l’un comme l’autre, de moins en moins “la solution”, et de plus en plus “le problème”

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