En 2007, lors de sa campagne présidentielle, s’était engagé à mieux rembourser les lunettes et les soins dentaires. S’il avait tenu parole, notre Président actuel n’aurait pas pu se livrer à ses petites blagues incisives sur les "sans-dents". À défaut, Sarkozy a instauré la franchise médicale, qui pénalise en premier lieu les personnes âgées et les "sans-dents".

avait aussi promis de lutter contre l’insécurité et de réguler l’immigration. En cinq ans, la France a engrangé un million d’immigrés légaux en plus, et sans doute autant de clandestins. Les actes de n’ont fait que s’intensifier, y compris dans des secteurs jusqu’alors épargnés.

s’était autoproclamé président du pouvoir d’achat. En un quinquennat, nous avons vu le chômage exploser, la paupérisation s’enraciner, le fossé des inégalités se creuser. Sarkozy a, certes, aidé les salaires modestes en instaurant les heures supplémentaires défiscalisées. Mais il n’a rien fait pour ceux qui étaient en voie de désocialisation, les travailleurs précaires, les chômeurs.

Déjà, en 2007, dans son discours d’investiture, Sarkozy martelait "J’ai changé". Chacun ses anaphores. Sept ans plus tard, le revoici à la télévision nous resservant le même couplet et expliquant qu’il est de son devoir de revenir pour sauver la France. Une posture quasi messianique. L’homme providentiel qui se sacrifie pour le salut de sa patrie au bord de l’abîme. Le deus ex machina.

Sauf que. Quelque chose ne fonctionnait plus dans cette rhétorique naguère si bien huilée : le charisme, le volontarisme, l’énergie qui nourrissaient chacune de ses interventions s’étaient évaporés, la détermination semblait artificielle, frileuse, le visage était usé, l’éloquence en berne, le désir surjoué. Autant le dire : il fut mauvais. Peu convaincant, parlant de lui (beaucoup), de l’avenir de l’UMP (un peu) et nettement moins de celui des Français. Pas une proposition à leur soumettre. Ah, si : faire davantage de référendums. On ne voit pas bien l’intérêt, vu qu’il ne tient pas compte des résultats.

Sarkozy n’a donc, lui non plus, toujours pas compris que les Français attendent désormais autre chose des hommes politiques que des actes de contrition, des coups de com’, des incantations démagogiques et des slogans faiseurs de buzz. Il a donné l’impression d’un cabotin reprenant son rôle fétiche pour une tournée d’adieu. Peut-être finira-t-il par séduire les électeurs, qui s’apercevront trop tard qu’en fait, non, il n’a pas changé. Ou bien (et c’est le plus probable) il irritera, suscitera le rejet, traînera toute une quincaillerie de casseroles judiciaires, et insufflera par ricochet un regain de popularité inespéré à François Hollande, qui pourrait même ainsi se qualifier au second tour face à Marine Le Pen. Ironie de l’histoire, risque fort de goudronner une belle autoroute au Front national qu’il prétend vouloir combattre.

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28 septembre 2014

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