Quel rapport entre et Lance Armstrong ? À première vue, pas grand-chose, sauf que l’un et l’autre sont des gagneurs et pas nécessairement dans le bon sens du terme : des gagneurs prêts à tout pour parvenir à leur fins. Voyez l’affaire Bygmalion : en quoi celle-ci diffère-t-elle d’un système de dopage organisé pour augmenter les performances du candidat Sarkozy ? En rien. L’argent étant le nerf de la guerre (singulièrement pour emporter une élection), un financement occulte et une piqûre d’EPO relèvent de la même logique, la triche.

Or, dans du sport, un coureur convaincu de dopage est exclu sans ménagement. Il aura beau avancer qu’il n’en savait rien (voir Ben Johnson en 1988), qu’il a été dopé à son insu, qu’il croyait prendre des vitamines, rien n’y fait. Le coureur est réputé responsable de son alimentation. pris la main dans le sac se retranche derrière une défense tout aussi inepte. Pourtant, les fausses factures de Bygmalion ont bel et bien servi à financer sa campagne, à son insu ou pas, peu importe, le candidat Nicolas Sarkozy en 2012 était bien dopé à coup de millions d’euros occultes.

Lorsque l’idée m’est venue de faire un parallèle entre la situation de notre ex-président avec celle du champion américain aujourd’hui déchu, j’étais loin de me douter à quel point ces deux personnages étaient proches et même…complices.

Autoritaires, fonceurs, cassants mais beaux parleurs et surtout obnubilés par le désir de vaincre, les deux hommes étaient amis et affichaient leur amitié comme ils affichaient leurs épouses, toutes deux chanteuses de renom. Amis jusqu’à ce que notre ex-président de la République couvre le dopage du coureur américain ? Ce serait le cas selon Pierre Bordry, l’ancien patron de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD). Reçu à l’Elysée en octobre 2009, il avait fait part à son hôte de ses soupçons concernant Armstrong. “Même Astérix prenait de la potion magique”, lui aurait rétorqué Sarkozy. Quelques semaines plus tard, il était démis de ses fonctions sur décision de ce même Sarkozy et à la demande expresse de Lance Armstrong. C’est du moins ce qu’il affirme. “Armstrong me l’a raconté lui-même. Il s’est vanté devant moi d’avoir réclamé ma tête au président. J’ai demandé un démenti à l’Elysée, même privé, je n’ai pas eu de réponse. J’étais consterné”, a raconté Bordry dans les colonnes du Nouvel Observateur.

Quelques mois après ces révélations, le coureur cycliste acculé passait à confesse en prime time sur un grand media américain. Toutes ses victoires sur la avaient été acquises sous l’emprise du dopage ; toutes, mais c’était déjà du passé et aucun journal français n’a songé à revenir sur cette curieuse affaire Bordry.

À noter qu’en 2009, Armstrong fit son come back sur le Tour et finit troisième… Gageons que la similitude entre ces deux personnage ne se poursuive jusqu’au bout.

8 octobre 2014

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Vous pouvez désormais commenter directement sur Boulevard Voltaire :

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.