Le thème de l’insécurité est certainement le plus consensuel, à du moins. Construire de nouvelles prisons (Sarkozy dit 30.000 places, Marine Le Pen 40.000) et revenir sur les lois Taubira, voilà qui ne devrait pas être une source majeure de division ; même Bayrou semble d’accord. Autrement plus délicate est la question de l’immigration, et Marine Le Pen le sait bien. Elle compte d’ailleurs s’en servir comme fer de lance de sa campagne. Les électeurs de droite — du FN, cela va sans dire, mais aussi (enfin ?) de l’UMP — attendent des mesures fortes en matière d’immigration : ce qu’ils veulent, c’est le Kärcher. Comment Sarkozy va-t-il trancher ?

En 2007 et en 2012 – respectivement avant le premier tour puis entre les deux tours – Nicolas Sarkozy, qui n’a jamais caché son aversion pour le Front national, avait hypocritement « droitisé » sa campagne pour capter les voix des électeurs frontistes. La première fois, le subterfuge avait fonctionné, mais pas la seconde fois. Refaire le coup en 2017 semble exclu, d’autant que la présence probable de Marine Le Pen au second tour rend caduque cette stratégie. Si l’on en croit Le Figaro, Nicolas Sarkozy envisagerait même de fusionner l’UMP et l’UDI… [Et pourquoi pas aussi le PS ? NDA]. N’a-t-il pas déclaré récemment, à en croire Le Nouvel Observateur, « Le mariage pour tous, je m’en fous. Ce n’est pas un sujet », rejoignant ainsi les positions du maire de Bordeaux, grand bâtisseur de mosquées, qui déclare à Valeurs actuelles : « Je crois qu’il s’agit d’un acquis [le mariage pour tous], qui a été intégré par la société française. »

Allons ! Sarkozy n’est ni Antoine Pinay ni Philippe Séguin ni encore moins Charles Martel. Sarkozy n’est pas plus un novice, il a un bilan : c’est le traité de Lisbonne, le retour dans l’OTAN, l’ami des néo-conservateurs américains, l’ami de Kadhafi (avant de le trahir), 465 milliards de dette publique supplémentaire, 78 % d’immigration de plus que sous Jospin , 436.000 emplois perdus malgré 65 milliards de nouvelles niches fiscales et, cerise sur le gâteau, sa propre formation politique en cessation de paiements.

C’est ça, le sauveur de la France ?

16 septembre 2014

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