Editoriaux - International - Presse - 4 novembre 2015

Sarkozy, entre gaullisme et américanisme

Nicolas Sarkozy est allé voir Vladimir Poutine et les hommes libres s’en féliciteront. Il a suscité l’ire de ce dangereux Turcaret de Juppé, candidat bis du PS, inféodé à Hillary Clinton et aux Bilderberg, devenu le favori naturel du système oligarchique global et promu héritier du peu brillant et impopulaire président socialiste.

Ce qu’on peut reprocher à Nicolas Sarkozy est connu de tout le monde : par exemple, et pour en rester aux relations internationales, il nous a fait réintégrer l’OTAN, devenue une organisation contre-nature, soumise au Pentagone et à sa mégalomanie aventurière, à son incompétence technologique et stratégique ; et après, il déclare que la Russie est une puissance mondiale en se satisfaisant de contredire un Obama promu icône planétaire occidentale par une presse toujours plus aux ordres et aux abois. Dans le même temps, le fils de l’ancien Président est censé préparer West Point et se prétend, via Twitter, plus américain que français (remarquez, on ne peut lui en vouloir : qui a envie d’être français sous Hollande ?) !

Les contradictions de Sarkozy sont inhérentes à sa curieuse personnalité tératologique et apotropaïque ; en 2008 aussi, il avait bien réagi face à Poutine et ce, au pire moment de la crise géorgienne. Et puis il attaqua sans raison apparente la Libye avec les conséquences que l’on connaît pour toute l’Europe.

La presse russe n’est pas dupe et se pose des questions, tout en appréciant bien sûr le geste de l’ancien Président (voyez aussi Giscard, aussi paradoxal que lui finalement), qui a suivi ceux de Mariani et d’autres députés de la droite libre l’été dernier. Enfin un peu de russophilie alors que, pour faire plaisir à ses nouveaux maîtres, on sent Juppé prêt à tout.

Sarkozy aime le beurre et l’argent du beurre : la France et l’immigration ; l’Amérique et la Russie ; l’Europe et la souveraineté ; le libéralisme et son État fort. Il nous emmêla si bien les pinceaux que nous l’élûmes par erreur et le chassâmes du pouvoir par erreur. Détesté par les libéraux américains (souvenez-vous de la haineuse et si ridicule manchette de Newsweek), Sarkozy a au moins toujours eu le mérite d’être détesté par nos ennemis. Son père, d’ailleurs, préféra rester en Hongrie sous l’amiral Horthy et quitta son pays à l’arrivée de l’armée soviétique.

Un retour au gaullisme, alors ? L’option gaulliste, c’était le départ des Américains, la méfiance viscérale vis-à-vis de l’Angleterre (elle a vendu son droit d’aînesse pour un plat de Polaris, disait le Général à Peyrefitte), et le refus des machins de toute sorte, européen ou mondialiste. Les gaullistes auront tout trahi et, comme dit Juppé, personne n’est en droit de donner des leçons de gaullisme… On pourrait rappeler au pieux crâne d’œuf landais que le Général parlait d’une Europe unie de l’Atlantique à l’Oural, pas d’un mur de Berlin éternel juste ouvert pour faire passer les cent millions d’immigrés promis par l’ONU.

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