Le quinquennat nouveau — qui le croirait tant il fait davantage que son âge ? — a tout juste cinq mois.

Le 6 mai dernier, le candidat du changement-c’est-maintenant l’emportait sur le président sortant et c’est seulement le 15 que celui-ci faisait à son successeur les honneurs du palais où l’on ne sait même pas si a vraiment élu domicile ou s’il se contente d’y avoir provisoirement son bureau.

Est-ce donc encore une fois la suite de l’intelligente réforme constitutionnelle qui a fait, en abrégeant de deux ans le mandat du chef de l’État, que le terme en apparaît si proche du début, qu’à peine inauguré, chacun, à commencer par le principal intéressé, ne pense plus qu’à son renouvellement ? Est-ce un signe de plus de cette hyper nervosité, de cette immédiateté des qui fait qu’ils ne vivent et que nous ne vivons plus que dans le court terme, qu’ils ne voient pas plus loin que le bout de la semaine et qu’ils proclament l’échec de toute mesure qui n’a pas produit d’effet perceptible dans les quarante-huit heures ? Ou tout simplement la conséquence de la spectaculaire chute de la cote du président et de son Premier ministre, de ce saut groupé dans le vide, aussi impressionnant que celui de l’Autrichien Franz Baumgartner, qui les rapproche du niveau du sol à une vitesse vertigineuse ?

Toujours est-il, alors que le président normal est à peine installé dans ses meubles et ses immeubles, qu’un amusant jeu de fait fureur ces derniers temps dans tous les quotidiens et les magazines de France, comme on peut le constater les jours où on les trouve en kiosque : celui du Revient, revient pas ?

Il n’est éditorialiste, journaliste politique, institut de sondage, parlementaire ou paparazzi qui ne s’interroge sur les chances, ou le risque, de voir Nicolas Sarkozy, battu d’assez peu en 2012, faire son retour en 2017, voire avant si catastrophe. Ce qui paraissait invraisemblable au printemps dernier, ce qui n’était alors même pas envisageable fait désormais figure d’hypothèse crédible, si ce n’est probable. Il est vrai que l’impopularité du sortant, qui fut pour beaucoup dans la victoire de François Hollande, peut jouer demain contre celui-ci. Il n’est pas dit que ce soit au profit de celui-là.

Un éventuel retour et un éventuel succès de Nicolas Sarkozy tiennent à cinq paramètres que nous allons examiner.

Première condition : que le gouvernement socialiste échoue dans sa lutte contre la crise, le chômage, la récession, le déclin et la désaffection, la désillusion ou la révolte qui en découlent. De ce point de vue, les choses paraissent bien engagées.

Deuxième condition : que le vainqueur de la compétition interne pour la présidence de l’UMP soit impuissant à colmater les brèches et à empêcher l’affaiblissement ou le morcellement de l’ex-parti majoritaire. Que dans ce contexte, Sarkozy, qui a évidemment intérêt à ce que le député de Meaux, sa caricature, l’emporte sur son ancien Premier ministre, qui fait figure d’homme présidentiel sinon providentiel, apparaisse comme le sauveur, seul garant possible de l’unité de la « républicaine ». Ce n’est pas gagné.

Troisième condition : que le Front national, actuellement à la hausse, ne progresse pas au point de passer devant l’UMP ou la future ex-UMP. Ce n’est pas dit.

Quatrième condition : que Nicolas Sarkozy ait envie de revenir. On se bornera à observer que la rue de Miromesnil est plus proche de l’Elysée que l’île d’Elbe des Tuileries et que l’éminent conférencier n’a pas exactement le profil d’un retraité de la vie active.

Cinquième condition : qu’une majorité d’électeurs souhaite le retour de Nicolas Sarkozy… Impossible ? Napoléon a dit : « Impossible n’est pas français ! », et le maréchal Pétain : « Français, vous avez la mémoire courte ! »

16 octobre 2012

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