, flanqué de Valérie Pécresse, a assisté dimanche à la messe dans l’église Saint-Louis de Fontainebleau récemment incendiée…

…Et disons-le tout de go : s’il n’y a pas été accueilli par un « Casse-toi, pov’con », il ne le doit sans doute qu’à l’extrême bonne éducation de l’assistance et à sa charité sans faille.

Personne, évidemment, ne dénie à Nicolas Sarkozy le droit d’aller à la messe, mais la médiatisation de l’affaire comme le choix du lieu laissent peu de doute quant à l’objectif.

Quelle sorte de communicant calamiteux lui a soufflé pareille idée ? Car si Nicolas Sarkozy entend, ainsi, se rabibocher à bon compte avec l’électorat catholique qu’il vient de se mettre à dos avec son bouquin, il se fourre évidemment le doigt dans l’œil jusqu’à la Rolex. Le remède est pire que le mal.

C’est bafouer publiquement le matin une vieille épouse fidèle – Dieu sait si l’électorat catho, délaissé et malmené, a été fidèle à la droite ! – et vouloir, le soir, se glisser dans son lit, nu comme un ver, avec des mots langoureux et une rose rouge à la main. Comme un François Hollande qui serait venu nuitamment frapper à la porte de Valérie Trierweiler après les révélations de Closer.

Même lui n’a pas osé cette ultime muflerie.

C’est les prendre pour de grands benêts, sans même s’en cacher. Troque abrogation du mariage pour tous contre « génuflexion oblique » et signe de croix au lance-pierre. Ils seront cocus mais contents.

Et quand on cédera sur l’euthanasie, on assistera aux vêpres à Saint-Merri ? Et pour la GPA, ce sera chemin de croix à Sainte-Rita ?

Le pari vaut bien une messe : celui de garder captif les cathos tout en s’asseyant sur les genoux d’Alain Juppé pour attraper, comme lui, la queue de Mickey centriste.

« Si ça vous fait plaisir, franchement, ça coûte pas très cher », pour reprendre ses mots au meeting de Sens commun. Il a raison : on n’est même pas forcé de donner à la quête. Sauf que le pari est perdu d’avance.

Comme disait André Gide, « Choisir, c’est renoncer ». En choisissant le camp du mariage pour tous, il a renoncé au vivier électoral « conservateur » de son parti. Un vivier conservateur qui a intrinsèquement changé – mais Sarkozy n’a donc rien vu, ne lui a-t-on donc rien dit ? -, soudain moins naïf, moins manipulable, moins préoccupé de ses valeurs en Bourse que de ses valeurs tout court, qui a trop crié « on ne lâche rien » en tenant ses enfants par la main pour se mettre minable devant ces petits qui le regardent. Le mot est un peu pompeux, mais pour cet électorat, ces manifestations ont sonné comme une conversion. On ne lâche rien et on n’a rien à faire des lâches.

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