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Culture - Editoriaux - Politique - Religion - Table - 9 octobre 2015

Sarko/Morano : duel d’andouilles dans un couloir sombre

Mon Dieu, quel foin, quel pataquès, quel boxon, quelle ordalie ! Bref, quelle fête à neuneu, que cette chasse à la Morano, animal vaguement politique au poil blond.

Après, ne pas tirer sur les ambulances et laisser pisser le mérinos : la pauvrette n’a jamais rien fait que se prendre les pieds dans son dictionnaire des citations. En effet, le Général a dit : “Nous sommes avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne.” Ce qui est devenu, dans la bouche de la recalée de la télé-réalité sarkozyste, “La France est un pays de race blanche aux racines judéo-chrétiennes”, ce qui n’est pas tout à fait la même chose.

Après, . Il était récemment en visite pré-électorale à Béziers, ville dont le premier édile est qui vous savez, puisqu’un peu fondateur de ce site. Il a choisi de l’ignorer ; on a les inélégances qu’on peut. Là, l’exercice tenait du trapèze volant et du plongeon en pot de chambre, puisque consistant à draguer, de la manière la plus vulgaire qui soit – mais on ne le refera pas – l’électorat lepéniste tout en expliquant que la Nadine Morano n’était plus bonne qu’à donner en pâture aux chiens, en croquettes aux chats.

L’homme étant un redoutable bretteur en dialectique, voilà qui donna : “Je n’ai aucun reproche à faire à ceux qui souffrent ou même qui ont été déçus par nous et par moi.” Quoi ça veut exactement veut dire ? Quésaco ? What else ? Dans le c… la balayette et l’étiquette avec ?

Si l’on résume, on peut éventuellement tenter de comprendre que l’ancien copain à Nadine a mis cinq longues années à ne pas tenir les promesses faites au cochon de votant. Mais qu’il ne leur en veut pas plus que ça… Monsieur le comte du Fouquet’s est trop bon. Même si la Nadine en question aurait, paraît-il, commis une “faute politique majeure” susceptible “d’affaiblir” les candidats condamnés à affronter l’hydre incarnée par une autre blonde, Marine et pas Nadine – la première ayant, par ailleurs, renvoyé la seconde dans ses cages, rappelant que de la France, le Front national avait une vision historique et non point ethnique -, la Troisième Guerre mondiale n’est pas exactement au rendez-vous. Mais la primaire des Républicains, un peu.

Du coup, l’acrobate en question, le mec à Carla Bruni, se rattrape aux branches comme il peut, en jouant les Don Corleone : “Le président de la famille prend les décisions. Celui qui n’est pas président de la famille, il commente les décisions.” Plus énigmatique, on ne fait pas. On se croirait quelque part entre les Sopranos, les Simpsons et la vachette d’Intervilles.

Il faut décidément se pincer pour se dire que ce turlupin fut un jour président d’une République naguère donnée pour française.

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