Avant de se laisser traîner dans des chars à bœufs pendant que leurs du palais préparaient l’alternance, les Mérovingiens avaient commencé à transformer la Gaule en France.

À cette fin, Clovis en incarna l’histoire et la géographie. En battant les Alamans à Tolbiac et les Wisigoths à Vouillé, il résolut en son temps le problème des frontières gauloises que poserait à son tour la Maison d’Autriche. En se faisant déférer par l’empereur d’Orient les insignes de consul, il s’inscrivait dans la tradition romaine.


Mais ces Francs au sang bleu ne se sentaient pas tout à fait à l’aise dans leurs baskets gallo-romaines et, pour ne plus se faire traiter d’envahisseurs, ils s’inventèrent une ascendance troyenne.  Ils prétendirent descendre d’un frère d’Énée (Francion), à l’origine de Rome selon la légende illustrée par Virgile, qui aurait lui aussi fui Troie en flammes. C’était, pour les Mérovingiens, une manière de s’égaler aux Romains tout en se distinguant d’eux et en faisant oublier leurs origines germaniques. Mutatis mutandis, c’est ce que font et en inventant un passé à l’ en France, alors qu’il n’y fut jamais qu’un ennemi repoussé : une façon de lui payer un ticket d’intégration, une légitimité historique. Un mythe pour arranger les bidons en guise de pot d’accueil. Ca a marché pour les Mérovingiens, pourquoi cela ne marcherait-il pas pour l’islam ?

Pas bête, à condition de pousser la comparaison jusqu’au bout. D’abord, les Francs ne formaient pas trois pour cent de la population de la Gaule, au grand maximum. Faisons donc remigrer qui de droit pour atteindre cette proportion. Ensuite, surtout, Clovis s’est converti au catholicisme, et tous ses sujets francs avec lui. Dont les fils devaient peu à peu prendre la langue et les mœurs des populations qu’ils avaient conquises. C’est en se soumettant à la Gaule romaine, à ses us et à sa religion, que les Francs firent la France. Les musulmans immigrés ne peuvent prétendre participer à la synthèse française que par une opération semblable.

20 décembre 2015

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