Obama est-il un saboteur ou un « allié objectif » du trumpisme ? En quelques jours, le monarque sortant s’est révélé hyperactif, donnant l’impression de bloquer la future administration .

Il a d’abord, usant d’une loi de 1953, banni de façon « permanente » le forage dans de vastes zones maritimes arctiques et atlantiques, puis il a usé d’une antique loi de conservation de la nature (1906) pour transformer 700.000 hectares dans le Nevada et l’Utah en parc naturel, interdisant ainsi toute concession de forage. Tant mieux pour les Navajos. Ou tant pis ?

À cela, il faut ajouter le démantèlement du National Security Entry-Exit Registration System, système mis en place par G.W. Bush après le 11 septembre pour pister les immigrants en provenance de foyers ou États terroristes. Un système tombé en désuétude, qui cependant n’attendait que la future administration Trump pour se révéler utile.

Il y a eu, bien sûr, la demande faite aux services secrets de produire une information (en attente) sur le piratage électoral russe, puis la récente mise hors la loi d’, et maintenant les sanctions contre la Russie pour son rôle joué “dans le processus démocratique” (WikiLeaks s’était simplement substitué au défunt journalisme d’investigation américain).

Bref, ces mesures régaliennes (le régime présidentiel américain est aussi l’héritier d’une ) semblent interdire à Trump de mettre en place sa politique d’indépendance énergétique, prélude à une réorganisation des alliances en vue de lutter contre le terrorisme de l’ radical comme contre celui du libre-échange mondialiste. La perpétuation du désordre, en somme. Sauf que…

Sauf que l’adversaire principal de Donald Trump est incarné par . Pas ceux de l’industrie pétrolière, ses nouveaux amis… mais ceux des industries de l’armement, bellicistes aujourd’hui bousculés budgétairement par Trump, ou ceux des chambres de commerce, pro-immigration. Un aréopage représenté par des parlementaires qui s’accrochent : John McCain et Lindsey Graham (récemment en tournée dans les pays baltes) et les leaders des deux chambres : Paul Ryan, Brutus en herbe, et Mitch McConnell, Talleyrand sans la classe. Des génies ancrés dans le passé, incapables de comprendre les infections virales du nouveau siècle, et toujours prompts à sortir de la bouteille.

Or, en quelques jours, Obama vient de rendre un immense service à Trump. Il lui permettra d’abord de clarifier le débat, rassemblant les élus républicains et démocrates de la base, laissant les caciques sur la touche, avec un choix clair : entre une politique de croissance économique (avec une série de réorganisations juridiques, industrielles, financières, politiques, culturelles, diplomatiques, idéologiques) et le chaos mondial (en maintenant un statu quo géré par des arrivistes incompétents qui mènent les peuples vers le précipice).

Obama offre, de plus, à Trump un certain bornage, lui permettant désormais de négocier avec l’industrie, en particulier pétrolière, en échange de rectifications politiques.

Mais surtout, en lançant des sanctions molles contre Poutine, Obama permettra à Trump de contenir « ses » russophobes et d’enterrer la polémique, à moins que les « preuves » à venir de l’ingérence russe ne lui soient extrêmement dommageables. Peu probable…

Poutine ne s’est ainsi pas trompé, s’abstenant de toute mesure de rétorsion… pour l’instant.

31 décembre 2016

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