Grande première. La vingt-neuvième édition du traditionnel Salon agricole de Rennes se fera sans le ministre de… l’Agriculture !

Là où tout se complique, c’est que ce dernier, , est breton de l’espèce revendiquée et ami autoproclamé de la paysannerie.

Le mot d’excuse de Stéphane Le Foll ? Il a rendez-vous avec Manuel Valls. Lequel ne pourra pas venir non plus, vu qu’il a, assez logiquement, rendez-vous avec Stéphane Le Foll. Pis : Xavier Beulin, président de la jadis toute puissante FNSEA, pointera lui aussi aux abonnés absents. Son mot d’excuse à lui ? Un rendez-vous avec Ségolène Royal. C’est fou, ce qu’il y a comme cinq à sept en ces temps de fourches dressées…

Il est vrai que l’absence programmée du Xavier Beulin en question s’explique aisément par le fait qu’il ait été copieusement hué par des milliers de paysans, juchés sur autant de tracteurs, lors des manifestations parisiennes de la semaine dernière. Nonobstant, Stéphane Le Foll pourrait se pointer à ce raout au lendemain ou au surlendemain de l’inauguration. Pas de bol ! Il est attendu au Luxembourg à un informel sommet européen de ses vagues homologues…

Au-delà d’un scénario à la Georges Feydeau, ce jeu de portes qui claquent avec amants à calcifs à fleurs planqués dans les placards peut s’expliquer en peu de mots.

C’est la fin de la PAC, cette fameuse politique agricole commune, enterrée depuis belle lurette par les actuelles instances européennes, mais dont aucun homme politique n’a eu le courage de signer l’acte de décès, même si l’enterré vivant bouge encore…

C’est la remise en cause d’une agriculture intensive et devenue dingue. Celle du remembrement techno-libéral du siècle dernier : elle fait encore la fortune de quelques gros “exploitants” – quel vilain mot – et la ruine de ce qui reste de nos paysans, de plus en plus acculés à la misère et au suicide. Pauvre Martin, pauvre misère, comme chantait le regretté Brassens.

C’est donc un modèle qui se trouve sur la sellette. Obnubilée par son éternel tropisme allemand, notre classe politique n’en jure plus que par la culture et l’élevage industriels. Avec OGM, pesticides et cancers à la clef. Merci, le lobbying de Monsanto… Vous avez dit Monsatan ?

Il est donc un fait que dans le registre et le marché de la bouffe imbouffable, la France part perdante, incapable qu’elle est – et c’est heureux – de rivaliser avec les fermes concentrationnaires de nos voisins d’outre-Rhin, là où de pauvres vaches et d’infortunés porcins sont élevés dans des casemates d’à peine plus de deux mètres carrés.

Végétariens ou pas, le moins qu’on puisse faire est de respecter les quelques années de vie aux bêtes destinées à finir dans nos assiettes.

Petit détail au passage : Marc Le Fur, tête de liste des Républicains aux prochaines élections régionales, entendait maintenir sa visite de courtoisie au salon en question. Depuis qu’une certaine Marine Le Pen y est attendue en invitée vedette, il n’en est plus trop bien sûr.

Fait du hasard ? Fantaisies de l’agenda ? Rendez-vous impromptus ? Foot à la téloche ce soir-là ? Ou tout simplement la trouille de se faire clouer sur la porte de la grange d’à côté. Va savoir…

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