Pour une fois que la ne butait pas un terroriste islamiste et qu’on pouvait enfin en juger un – Salah Abdeslam, en l’occurrence – afin de savoir ce qu’il avait dans le ventre et dans la tête, voilà que ses deux avocats, le Français Frank Berton et le Belge Sven Mary, le lâchent en plein vol ou, pour être plus précis, que leur client les abandonne.

Pour Franck Berton : « Nous avons la conviction qu’il ne s’exprimera pas et qu’il appliquera le droit au silence. » La raison de ce mutisme annoncé ? Réponse du même avocat : « J’ai le sentiment d’un immense gâchis. J’ai vu Salah Abdeslam sombrer de mois en mois. Lorsque chacun scrute même la nuit vos faits et gestes, vous devenez dingue. Et ça, c’est une conséquence d’une décision politique. Ce n’est pas une décision de la justice. » Évidemment, vu de la sorte…

Néanmoins, il est un fait que le détenu en question est en permanence surveillé. Logique, pour un prévenu de ce calibre. Qu’il soit devenu une sorte de « rat en cage », pour reprendre les propres termes de Frank Berton, rien de bien étonnant. Qu’il soit le « cerveau » des attentats du 13 novembre dernier, c’est à la de trancher, que Salah Abdeslam collabore ou non.

Pour Sven Mary, « les vraies victimes, dans tout ça, c’est les victimes des attentats de Paris, parce qu’elles ont droit à cette vérité et elles ont le droit de comprendre l’incompréhensible. » Après, quid de l’attitude de l’accusé ? Islamiste de combat raillant la française, fort des droits que cette dernière accorde au présumé innocent ? Ou tout simplement comportement de petit voyou, de ceux qui, pris par les argousins avec un kilo de shit dans la poche de leur survêtement, assurent qu’il ne s’agit que de tabac à rouler ? Ou que le scooter volé n’est pas le leur, que les papiers n’étant pas les siens seraient ceux d’un cousin ? Et que sa mère, c’est sa tante et que si Tati en avait, on l’appellerait mon oncle…

Il est à craindre que nous puissions avoir affaire à la seconde option. Celle consistant à considérer que celui qui se voulait meurtrier de masse ne soit finalement qu’une petite frappe, se recroquevillant devant un destin qu’il imaginait grandiose, mais taillé trop grand pour ses maigres épaules. Individu ignoble, mais si triste de banalité : islamisé en quelques mois sur Internet, devenu plus pieux que le plus bigot des salafistes, mais fort d’un casier judiciaire aussi long que le bras, naviguant à vue entre Coran mal digéré et renvois de vodka à la sauce narguilé. Bref, un jeune de notre temps… Au cerveau lobotomisé aux séries télé et à ces jeux vidéo où l’on tire sur tout ce qui bouge.

Sauf que là, le « Shoot Them Up » a été effectué à balles réelles. Qu’il y a eu plus d’une centaine de morts et au moins autant d’estropiés. Bienvenue dans la vraie vie, Salah Abdeslam… Il y a, effectivement, de quoi se murer dans le silence, ou de se pendre dans sa cellule ; ce qui mettrait une sorte de point final à une vie qui, faute de sens, a abouti à vouloir ôter celle des autres, juste histoire d’en donner un à une existence misérable.

Le drame d’un Salah Abdeslam, c’est qu’il n’est pas un exemplaire unique : des comme lui, notre finissante les élève en batterie. Préparons-nous à des lendemains qui déchantent.

12 octobre 2016

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