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Audio - Editoriaux - Livres - Médias - Presse - Table - 26 janvier 2013

Sainte Florence Cassez, priez pour nous !

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Depuis hier, ça n’arrête plus. L’enfant prodigue est revenue au bercail, tuons le veau gras. Laurent Fabius, filmé au côté de la belle, à l’air un peu à côté de ses petits souliers. Il est en train d’enfumer le peuple, le sait ; et le pire est que cela se voit.

Par un assez intéressant effet de miroir, nos médias affirment au passage l’exact contraire de leurs homologues mexicains, mais toujours au prisme du même story telling. Là-bas, la maîtresse morganatique, ici, la Bécassine abusée. Comme écrit hier sur ce site, que Florence Cassez ait été complice passive ou active, complice elle demeure, d’une façon ou d’une autre. Et il conviendra encore de rappeler que, si libération il eut, ce fut seulement pour « vice de procédure ». « Libérée » ne veut pas dire « innocente »… Mais pour remonter dans les sondages, que ne ferait-on pas ? François Hollande qui, en matière diplomatique, a sûrement mieux joué que son prédécesseur, entend bien récolter les fruits de la manœuvre, tel jadis Nicolas Sarkozy envoyant sa « poulette » libérer quelques infirmières bulgares en Libye (de véritables otages pour le coup).

De fait, la « bibiche » à François ne pouvait demeurer en reste. Ainsi, Valérie Trierweiler s’est-elle, selon Le Figaro, « rendue au domicile parisien de Charlotte Cassez [la mère de la nouvelle Jeanne d’Arc, NDLR] pour suivre le délibéré de la Cour. “Elle a toujours été très présente quand on avait besoin d’elle”, témoigne Jean-Luc Roméro, président du comité de soutien. Pendant son incarcération, la première dame a envoyé des colis à la Française contenant des chocolats, des livres et de la gouache pour peindre. »

En fait, tout y est. La « bibiche » de Match et le Roméro, idole des médias pour avoir fait son coming out : affirmer qu’on puisse être à la fois pédé et de droite, quel scoop, quoiqu’il porterait désormais à gauche…

Ce vendredi matin, sur Europe 1, la souvent pertinente Natacha Polony, dans sa revue de presse, aura au moins un peu sauvé l’honneur de la profession, notant que si ses confrères des médias audiovisuels s’étaient vautrés dans la fange lacrymo-sentimentale, ceux de la presse écrite avaient au moins fait preuve d’un poil de recul.

D’accord. Mais il n’empêche que tout cela pose un problème qui dépasse de loin le seul cas d’une dinde tombée amoureuse d’un gangster : soit, celui de ce que devrait être le travail d’un journaliste. Boulot pas facile tous les jours, le plumitif étant écartelé entre urgence de l’actualité et patience que nécessite l’inévitable réflexion, tout en sachant qu’on ne saurait non plus plaire à tout le monde – l’auteur de ces lignes en sait quelque chose, mais c’est la règle du jeu…

Pardonnez-moi donc de continuer à faire le journaliste et ne le répétez surtout pas à ma mère, elle qui pense que je ne fais qu’arpenter le trottoir…

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