Il n’a pas manqué d’air, l’ancien ministre de la Santé , lors de son audition par la commission d’enquête du Covid-19, ce 1er juillet ! C’est curieux, ce complexe d’infériorité des pharmaciens – et plus encore des pharmaciennes -, vis-à-vis des médecins : dès qu’on leur accorde une once de pouvoir sur ces derniers, l’animosité lâche la bonde.

Cela avait commencé avec une certaine Catherine Lemorton, retournée dans un anonymat plus que mérité mais néanmoins ci-devant présidente de la commission des Affaires sociales de l’Assemblée sous Hollande. Réagissant, sur RMC, à une heure de grande écoute, aux propos d’un journaliste lui rappelant que « les médecins soignent, ils n’ont jamais laissé mourir personne », répondit que « dans les hôpitaux publics, je peux vous affirmer que oui. Je n’en dirai pas plus… » Elle sous-entendait donc clairement que, contrairement à leurs confrères hospitaliers, les praticiens libéraux laissaient mourir leurs patients.

Aujourd’hui, sa consœur en apothicairerie Bachelot, fidèle à son style assez lourdaud – mieux adapté à son nouvel emploi de chroniqueuse multicarte -, raille devant la commission d’enquête les médecins qui déplorent n’avoir pas de masques à disposition, lors de la crise du coronavirus. « On attend que le préfet ou le directeur de l’ARS vienne avec une petite charrette pour apporter des masques ? Qu’est-ce que c’est que ce pays infantilisé ? Il faut se prendre en main ! »

Comme quoi on peut avoir été ministre de la Santé et tout ignorer du fonctionnement des cabinets médicaux, lesquels ont pourtant pris en charge 95 % des malades du Covid-19, et plusieurs dizaines de leurs praticiens libéraux en sont morts.

Bien sûr que les médecins avaient assez de masques en stock pour un fonctionnement normal, où on ne les utilise que pour les petits gestes chirurgicaux ou face à un patient contagieux ou immunodéprimé ; mais évidemment pas s’il s’agit d’en changer entre chacun des trente malades de la journée !

« Quand on s’est aperçu qu’on allait en avoir besoin, on a appelé nos fournisseurs habituels, mais il n’y avait rien, il n’y avait plus moyen de se fournir », rapporte Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France.

Bien sûr, devant une commission d’enquête, le repassage de mistigri (« “C’est pas moi, c’est l’autre ») est une loi du genre. Mais il y a quand même des limites, que madame franchit avec une allégresse inopportune.

Au passage, on attend toujours une réaction du président du Conseil national de l’ordre des médecins, en principe chargé de défendre l’indépendance et l’honneur de la profession…

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