Le 2 octobre, aux Mureaux, dans les Yvelines, Emmanuel Macron, accompagné de six ministres, a prononcé un discours très attendu sur « les séparatismes », et particulièrement le séparatisme islamiste radical. Il a annoncé les grandes lignes de la stratégie « La République en actes ».

Réaction de Robert Ménard au micro de Boulevard Voltaire.

Emmanuel Macron a prononcé, aujourd’hui, son discours très attendu sur le séparatisme. Ce discours a déçu beaucoup de monde. Faites-vous partie de ces derniers ?

En partie, seulement. D’abord, il a enfin eu des paroles qu’on attendait. Derrière le mot « séparatisme », c’est l’islamisme qui était le problème. Il l’a dit fortement. Lorsqu’il parle de faire respecter la neutralité du service public, je ne peux qu’acquiescer. Tous les jours, je vois qu’un certain nombre de gens tentent de violer cette neutralité. Lorsqu’il dit qu’il faut arrêter de subventionner un certain nombre d’associations, je dis qu’il serait temps !
J’ai personnellement dénoncé le communautarisme de certaines associations. Il dit qu’il faut faire signer des chartes. Très bien ! J’ai demandé aux cinq mosquées de Béziers de signer les chartes. Certaines ont refusé de les signer. Que fait-on lorsqu’elles refusent de les signer ?
Je suis rassasié de bonnes intentions. Concrètement, j’ai envie que les choses changent. Je veux bien signer des chèques aux gens, mais pas des chèques en blanc. Or, je constate aujourd’hui que certaines choses ne marchent pas.

Emmanuel Macron a également évoqué le passé colonial de la France. Comment avez-vous interprété cette parole du chef de l’État ?

C’est insupportable. Il y en a marre ! C’est la politique de l’excuse par définition. Je viens de l’Algérie. Les musulmans, les Maghrébins et les Algériens qui venaient dans les années 60 en France avaient, eux, connu la colonisation. Ils n’invoquaient jamais la colonisation pour justifier les manquements de leurs enfants. Quatre générations après, on vient nous expliquer que ces petits chéris ont subi un tel traumatisme qu’il faudrait se battre la coulpe. Ça suffit !
Rien ne saurait justifier un certain nombre de comportements.
Aujourd’hui, invoquer cela pour expliquer qu’on serait responsable, d’une manière ou d’une autre, d’une espèce de traumatisme est invraisemblable. Rappelez-moi quel a été le passé colonial de la Turquie ?

Dans les mesures concrètes, il y a l’interdiction de l’école à la maison dès la rentrée prochaine. C’est rogner sur les libertés individuelles… Est-ce un contrôle de l’État sur l’éducation ?

J’ai commencé à vous dire le positif du discours. Maintenant, je vais vous parler du négatif. Il est vrai que c’est un problème. Au nom d’une vraie raison, il faut lutter contre cela. On va menacer toutes les familles qui préfèrent garder leurs enfants à la maison et toutes les écoles hors contrats. N’y aurait-il pas un vrai problème ?
On dit qu’on veut garder la neutralité du service public, mais ils n’ont pas été foutus de faire en sorte que les mamans qui accompagnent lors des sorties scolaires sortent sans voiles.
Lorsqu’on n’est pas capable de faire respecter cela, pardon de vous dire que je peux être dubitatif, sans faire de procès d’intention. On m’explique qu’on va supprimer les ELCO, les classes que l’on prêtait à l’Éducation nationale pour donner des cours dans des langues ; en l’occurrence, à Béziers, c’était l’arabe et le turc, par des enseignants qui étaient nommés par les pays en question, sans aucun contrôle. Cela fait des années que l’on demande la suppression. Et là, on va vraiment les supprimer ! Très bien, mais c’est, dans le même temps, expliquer que l’on va développer l’enseignement de l’arabe à l’école. Pardon de vous dire que, dans les familles d’origine immigrée, on a plutôt besoin de mieux apprendre le français à l’école. Encore une fois, c’est ça le problème.
Cette mesure est le contraire de l’intégration. C’est flatter un certain nombre de gens, sans prendre la mesure des difficultés que cela représente pour un gosse qui n’est pas d’une famille où on parle le français comme vous et moi. Aidons ce gosse-là plutôt que de flatter un certain nombre de courants.

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