Editoriaux - 3 février 2013

Robert Ménard, encore un effort !

Je ne polémique pas avec Robert Ménard. J’apprécie presque toujours (et donc, pas toujours) ce qu’il écrit. Il a des convictions. Fermes et argumentées. Il les défend avec honnêteté.

Mais parfois – et c’est le cas cette fois-ci – ses articles peuvent avoir besoin d’un complément d’information. « Laissons l’Afrique aux Africains », écrit-il, se demandant à la façon d’Harpagon, ce que nous sommes allés faire dans la galère malienne. Cela étant, il néglige quelque peu le fait que si nous allons en Afrique, c’est qu’on nous le demande. Nous sommes en effet devenus les obligés (du verbe obliger) des différents chefs africains, sergents putschistes, caciques tribaux, qui exigent impérieusement que nous répondions présents. Nous les tenons ? Non, ils nous tiennent !

Je comprends, tout en le déplorant, que Robert Ménard n’ait pas de casque colonial dans sa très riche collection de couvre-chefs. Et je trouve assez naturel qu’un homme qui préside aux destinées du cercle des empêcheurs de penser en rond soit peu enthousiaste à l’idée de jouer les empêcheurs de se massacrer en rond.

De toute façon, cette très amicale querelle sera dans un avenir proche totalement obsolète. En Afrique, le sida galope comme les quatre cavaliers de l’Apocalypse, implacable et meurtrier. Ajoutons aussi quelques bonnes famines dont la région du Sahel est coutumière, quelques grands massacres tribaux à l’échelle de ce que les Hutus firent aux Tutsis, des centaines de milliers de viols, comme en République démocratique du Congo, un petit zeste d’islamisme. Et bientôt, l’Afrique (du moins dans sa partie francophone) sera un continent exsangue, incapable même de nous demander de l’aide.

Une fois réglée cette épineuse question, revenons à l’essentiel. Robert Ménard pense que, plutôt que d’aller au Mali, nous ferions mieux de « faire le ménage chez nous ». Oh oui ! Mais il ne nous dit pas quelle est cette poussière qu’il faudrait balayer. Pas plus qu’il n’a l’air de savoir où est cette poussière.

Cher Robert, vous êtes excellent dans de nombreux domaines. Mais s’agissant des tâches ménagères, vous êtes nul. Nul de chez nul. Savez-vous seulement ce qu’est un balai ? Et en avez-vous jamais tenu un ? Seule la femme, qui est, vous ne l’ignorez pas, l’avenir de l’homme, se trouve habilitée à dire où et comment il faut faire le ménage (je sais, c’est très, très sexiste). Il y en a une très compétente à Marseille. Elle s’appelle Samia Ghali. Elle est de gauche. Sénatrice PS. Elle sait d’où elle vient (les quartiers nord de la ville). Et donc, elle sait de quoi elle parle. C’est ainsi qu’elle réclame qu’on déploie l’armée – vous savez, celle qui est au Mali – dans les cités ! Vous devriez aller la voir, cher Robert, pour apprendre à vous servir d’un balai. Les TGV vont aussi à Marseille, pas qu’à Béziers. Mais, hélas, ça ne se fera pas. Samia Ghali est tout sauf moche (c’est très sexiste, ça aussi). Et Emmanuelle Duverger veille au grain.

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