Les OGM, t’en veux ou t’en veux pas ?

Nouveau débat à l’Assemblée nationale sur l’interdiction définitive de la culture en plein champ du maïs MON 810 du groupe américain Monsanto…

Le 17 février dernier, le Sénat avait pourtant retoqué la proposition du sénateur socialiste Alain Fauconnier. Cette fois, Bruno Le Roux, président du groupe PS, est à la manœuvre. Pourquoi interdire « seulement » le MON 810 et pas toutes les plantes génétiquement modifiées ? Bonne question, posée par le groupe écologiste… et rejetée par la commission du développement durable. Point trop n’en faut, semble-t-il.

Des esprits chagrins pourraient toute de même faire remarquer que nos élus se renvoient sans cesse la balle de notre santé avec une rare incohérence, à discutailler sans fin sur l’autorisation ou non de la culture OGM en France, alors que l’importation d’aliments génétiquement modifiés, destinés aux animaux d’élevage, est, elle, parfaitement autorisée. Quoi qu’il en soit, les gens qui ne mangent pas exclusivement bio (et encore !)… mangent OGM. Alors, à quoi bon ?

À s’engueuler, par exemple… Comme à Greenpeace, l’association très médiatique, connue pour ses « coups » aux limites parfois très douteuses de la légalité, mais dont les responsables ne sont pas forcément sur la même longueur d’onde concernant les OGM.

Ainsi Patrick Moore, son cofondateur et ancien leader : considérant que Greenpeace « se trompait sur les questions d’énergie » et propageait « la panique » à coup d’« affirmations sans fondement » – n’en jetez plus ! –, il en a claqué la porte dès 1986… même s’il continue à rappeler ses liens avec l’organisation écologiste lors de ses discours pro-OGM et lorsqu’il organise des manifestations pour la culture du « riz doré » comme celle, en début d’année… devant l’un des bureaux bruxellois de Greenpeace !

Le riz doré est un riz enrichi en vitamine A et serait la solution miracle – grâce au bêta-carotène qu’il contient – pour empêcher 500.000 personnes, dont 350.000 enfants, de devenir aveugles chaque année par manque de vitamine A. Simple, efficace… en un mot : miraculeux !

Évidemment, les écolos purs et durs ne l’entendent pas ainsi et, comme le confirme une de leurs élues : « Le manque de vitamine A est lié à la malnutrition, elle-même liée au manque d’accès des populations à la nourriture… Proposer de pallier cette carence avec un produit breveté va coûter plus cher pour les utilisateurs car ils n’auront pas le droit de les resemer… »

En effet, les graines ne sont certes plus stérilisées, mais Monsanto a réussi à interdire qu’elles soient réutilisées en faisant effectuer des contrôles par tests génétiques des champs suspects de « contrefaçon ».

Il va falloir qu’ils expliquent comment un riz qui revient plus cher sera accessible à des populations qui n’ont déjà pas de quoi se nourrir… », a beau jeu d’insister cette élue, “alors que l’état de santé des enfants dépend de la qualité nutritionnelle de l’alimentation pendant la grossesse, que c’est la disparition de l’agriculture traditionnelle qui entraîne l’appauvrissement en micronutriments et qu’il serait plus simple et moins coûteux d’ajouter des œufs, des carottes et des tomates – autrement dit de diversifier l’alimentation – pour avoir le même résultat.

À moins que… simple hypothèse, bien sûr, mais qui semble faire son chemin : ce riz ainsi modifié génétiquement serait destiné aux pays occidentaux… qui le « redonneraient » dans le cadre de l’aide alimentaire aux pays nécessiteux.

Donnez, donnez, dodo-onnez,
Donnez, donnez le riz doré,
Donnez, donnez, dodo-onnez,
Monsanto vous le vendra…

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