Editoriaux - Histoire - 11 novembre 2015

La révolution bolchevique ne fait que sommeiller !

Il y a un siècle moins deux ans, éclatait la révolution bolchevique. Elle allait être d’une violence inouïe et mettre en place un régime de terreur. “Pour nous, tout est permis, car nous sommes les premiers au monde à lever l’épée, non pas pour opprimer et réduire en esclave, mais pour libérer l’humanité de ses chaînes. Du sang ! Que le sang coule à flot…” pouvait-on lire en 1919 dans l’éditorial du Glaive rouge, le journal de la Tcheka.

Lénine, l’apôtre méphistophélique de cette révolution, définit la “dictature révolutionnaire du prolétariat” comme “un pouvoir conquis et maintenu par la violence”. Pour lui, les ennemis du peuple sont des “poux, microbes, insectes nuisibles, vermine, parasite, vampires suceurs de sang”. Partout où le bolchevisme s’imposera, ce ne sera qu’apocalypse. Le Livre noir du communisme estime le nombre de victimes entre 65 et 85 millions : 15 millions pour l’URSS, entre 45 et 72 millions pour la Chine, entre 1,3 million et 2,3 millions au Cambodge sans oublier les hécatombes dues aux communistes pendant la guerre civile espagnole, en Europe de l’Est et en Afrique, notamment en Ethiopie.

Alors pourquoi cet enfer ? La réponse est évidente : un monstre ne peut enfanter qu’un monstre… et plus gros que lui ! Et ce monstre, c’est d’abord l’autocratisme aveugle du tsarisme auquel s’ajoute un capitalisme encore plus sauvage que celui de l’Ouest, comme en témoigne cet ouvrier russe lors de son procès : “Nous nous vendons au capitaliste pour un morceau de pain noir, des surveillants nous battent à coups de poing ou de bâton pour nous habituer à la dureté du travail, nous sommes mal nourris, nous suffoquons dans la poussière et l’air vicié, nous dormons à même le sol, rongés par la vermine. Comment pourrions-nous ressentir pour le capitaliste autre chose que de la haine ?”. Les révoltes de serfs et d’ouvriers se comptent par milliers au cours des années qui précèdent la révolution. Bref, le capitalisme n’est qu’une pathologie profonde inoculée dans les relations humaines parce qu’il exclut, par sa nature même, toute harmonie et est ainsi le géniteur maléfique d’une part, de la misère et d’autre part, des affrontements.

Si, comme le disent certains, la révolution bolchevique n’aura été qu’une parenthèse malheureuse de l’histoire, il est fondamental d’en tirer la leçon… car la leçon justement n’a pas du tout été tirée ! En effet, le capitalisme définit encore notre économie. Et si sa violence s’exerce dans des proportions moindres que celles qui prévalaient au début du XXe siècle, il n’en reste pas moins qu’elle a une fâcheuse tendance à s’amplifier. Ceci signifie que nous ne sommes pas à l’abri d’un nouvel apocalypse, c’est-à-dire d’un bolchevisme jaillissant sous une autre forme !

Certes, le capitalisme, pour poursuivre sa domination mondiale, a compris qu’il fallait laisser aux hommes un minimum de confort matériel tout en les abrutissant par une aboulie de consommation car il sait qu’ainsi, ils ne font que se plaindre, il est vrai, avec un peu de violence parfois et surtout, qu’ils ne se révoltent pas. Mais le fil entre l’abrutissement et la violence révolutionnaire est ténu et risque à tout moment de se rompre. La conclusion s’impose à l’évidence : il faut en finir avec le monstre blanc et définir un projet où le respect sera la norme centrale, si l’on ne veut pas, demain, être victime d’un nouveau monstre rouge, plus apocalyptique encore que le premier !

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