Notre pays reste le champion des paradoxes et le promoteur d’une démocratie tourneboulée.

Par exemple, le nombre de candidats aux élections est en inflation constante, alors que les Français sont de plus en plus déçus, voire écœurés de la politique – c’est-à-dire, pour être concret, des hommes qui l’exercent.

D’aucuns prétendent que c’est précisément pour changer l’état de l’opinion et retrouver l’intérêt des Français que de nouvelles têtes doivent émerger. La création de micro-partis pour faire pousser ces « espoirs » ajoute à la confusion des électeurs, outre qu’elle n’est pas bien acceptée des grands partis traditionnels qui prétendent arbitrer seuls le jeu démocratique.

La désaffection des citoyens est amplement fondée : elle est née et a progressé de promesses non tenues, voire de vrais reniements au prétexte de contingences tenant à des événements extérieurs ou incontrôlables, mais aussi de réactions et nuisances intérieures dont les syndicats les plus « reconnus » sont les plus ardents promoteurs.

Les tentatives de consensus avec des bricolages de circonstance – telle la pitoyable tentative autour de la déchéance de nationalité – ajoutent à la confusion.

Le clientélisme de plus en plus évident, effleurant souvent la corruption, s’érige en concurrences qui se neutralisent mutuellement malgré les surenchères. La « réserve parlementaire », cette aumône d’un autre âge – mais aux frais du contribuable et non du donateur – y contribue, comme les interventions et combinaisons moins légales et plus discrètes.

L’abstention, fortement nourrie de ces faits et méfaits, est ainsi devenue le premier parti de France ! Sa négative influence offre le succès électoral à une petite minorité des citoyens en capacité de voter, et c’est ainsi que François Hollande est devenu le Président des 66 millions de Français avec environ 16 millions de voix. Vous avez dit « démocratie » ?

Contre cette affection endémique et croissante, le temps n’est-il pas venu de changer la règle électorale, pour rameuter les électeurs ? Comptabiliser les votes blancs, expression nette du refus des diverses propositions, pourrait par voie de conséquence – espoir ou utopie ? – inspirer un engagement plus responsable et vertueux des nouveaux candidats.

À défaut de rendre le vote obligatoire, cela permettrait sans doute de faire revenir aux urnes des citoyens fatigués, désintéressés ou tout simplement négligents en redynamisant la démocratie.

3 avril 2016

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