Editoriaux - Justice - Médias - Politique - 31 mai 2015

Revalorisation salariale obligatoire : nos élites socialistes n’ont toujours rien compris à l’économie

À travers un arrêt rendu le 6 mai dernier, la Cour de cassation astreint désormais tout employeur à justifier auprès des salariés la hausse ou, a contrario, la stagnation de leurs salaires.

Retour sur les faits. L’affaire jugée opposait une entreprise de fabrication de matériel médical à l’un de ses cadres au motif que celui-ci, travaillant au sein d’un service dont les performances étaient jugées décevantes, n’avait pas vu son salaire revalorisé, et cela alors que d’autres cadres de cette même entreprise avaient, quant à eux, bénéficié d’une augmentation salariale.

Il ressort de cette affaire une jurisprudence selon laquelle un employeur a le droit de ne pas augmenter tous ses salariés de la même manière. Mais il doit pouvoir justifier ses choix en s’appuyant sur des éléments vérifiables et objectifs. Dans le cas contraire, il y aura rupture d’égalité de traitement et le salarié s’estimant discriminé pourra réclamer réparation en justice. En termes plus concrets, il ne sera donc plus possible de justifier une absence d’accroissement salariale par « un manque de courage » ou encore « un mauvais management ». Seuls seront réputés valables des faits tels qu’une baisse de la productivité ou du chiffre d’affaires.

Libéralistes et entrepreneurs de tous bords, rassurez-vous, le droit du travail ne prévoit pas de contrôle des entreprises a priori, mais seulement a posteriori et par un juge. Ce qui veut dire qu’il faudra nécessairement qu’un contentieux ait été porté devant la justice pour qu’une vérification soit opérée. Il y a fort à parier que nombre de salariés mécontents s’abstiendront de porter l’affaire devant les prud’hommes, préférant éviter le conflit, ce qui devrait grandement limiter les dégâts pour les entreprises, de plus en plus rares, qui persistent à exercer en France.

Il est en revanche indéniable, alors que le compte pénibilité et la réforme des collèges se mettent en place, que nos élites socialistes, qu’elles soient juridiques ou politiques, n’ont toujours rien compris à l’économie. Cette science qu’aucun d’entre eux n’a jamais étudiée et qu’ils appréhendent par conséquent si mal, trop occupés qu’ils sont à parader devant les médias friands de leur moindre frasque.

Pourtant, en lieu et place de s’occuper de leurs fonctions régaliennes pourtant si mal assurées, ils se permettent tous les jours un peu plus de s’immiscer dans la sphère du privé. Non content de ponctionner abusivement toute initiative privée par diverses taxations, ils lui imposent également leur idéologie collectiviste menant doucement mais sûrement un statut unique du salarié calqué sur celui du fonctionnaire avec des perspectives limitées de revenus, des augmentations et de l’avancement mécanique non liés à des critères de réussite ou de performance.

D’une manière générale, on assiste, dès l’école, à une recherche fanatique de l’égalité non pas des chances mais des résultats qui tue dans l’œuf toute tentative de compétition et d’accomplissement de soi.

À lire aussi

Lisez la “Stratégie de l’action islamique culturelle à l’extérieur du monde islamique”

Je demeure coi devant la collusion de nos élites, le collaborationnisme de la bureaucratie…