Discours - Editoriaux - Médias - Politique - Sport - Table - 23 décembre 2015

Rétropédalage : sport favori du gouvernement

Le gouvernement s’est targué de renforcer le budget de la Défense après les attentats du 13 novembre. Ce budget représentait 1,88 % du PIB en 2006 mais n’atteignait plus que 1,46 % en 2014. Le gouvernement a donc déposé un amendement visant à l’augmenter lors des discussions budgétaires menées au Sénat. Ce dernier l’a adopté à l’unanimité le 27 novembre. C’est beau, c’est rassurant. Oui mais, parce qu’il y a un « mais », le 20 novembre 2015, ce même gouvernement a publié un décret n° 2015-1514 publié au Journal officiel n° 0271 du 22 novembre 2015 qui annonce :

« Article 1
Sont annulés, pour 2015, des crédits d’un montant de 850.000 € en autorisations d’engagement et en crédits de paiement applicables aux programmes du budget général mentionnés dans le tableau 1 annexé au présent décret.
Article 2
Sont ouverts, pour 2015, des crédits d’un montant de 850.000 € en autorisations d’engagement et en crédits de paiement applicables au programme du budget général mentionné dans le tableau 2 annexé au présent décret. »

En résumé, un montant de 425.000 € est soustrait du budget de la police nationale et le même montant soustrait du budget de la gendarmerie nationale pour les attribuer à… la « coordination du travail gouvernemental ». Bref, le Premier ministre s’est attribué une nouvelle enveloppe budgétaire pour son propre fonctionnement ! En période pré-électorale, on peut se poser des questions sur l’utilisation de ces fonds, alors que nos forces de l’ordre manquent cruellement de moyens, tant matériels qu’humains.

Le 15 décembre, nous avons assisté à une incroyable volte-face du gouvernement face à l’« optimisation fiscale » des grandes entreprises, supprimant ainsi la transparence annoncée dans le discours de François Hollande pendant sa campagne électorale. La gauche aux mains propres et à l’humanisme débordant a bien du mal à respecter ses promesses et les « Moi, président » disparaissent les uns derrière les autres, dans le silence complice des médias. Le gouvernement, grand spécialiste du rétropédalage, avoue ainsi son mépris de la population, sacrifiant la sécurité sur l’autel de la politique politicienne, et les salariés sur l’autel de la finance.

Rien d’étonnant que de voir le PS tendre la main à la droite, considérant que la frontière qui les sépare est bien perméable, à l’image de Schengen.

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